Révolte paysanneDes centaines de tracteurs ont lancé un SOS nocturne
L’appel lancé par le groupe Facebook «Révolte agricole Suisse» a été entendu. L’opération précédait une discussion importante sur le prix du lait.

Bernard Treboux n’a pas hésité une seconde avant de s’infliger une heure quarante-cinq de route à 40 km/h au volant de son tracteur pour rallier ce jeudi soir un champ à proximité d’Échallens. Cet agriculteur de Bassins a ainsi rejoint plus de 300 collègues ayant répondu à l’appel du groupe Facebook «Révolte agricole Suisse».
«Si on ne se bouge pas maintenant, on ne le fera jamais! On ne peut pas indéfiniment produire aux prix suisses et revendre aux prix européens. Sans compter que toutes les semaines ou presque des gens assis derrière des bureaux nous rajoutent des contraintes.»

La spectaculaire opération de jeudi soir était organisée en plusieurs points du pays. Outre Échallens, les agriculteurs du nord du canton ont, par exemple, pu se rendre à Vallon, dans la Broye fribourgeoise.
Inspirée d’une réunion nocturne de près de 400 tracteurs organisée vendredi passé à Kerzers, l’opération avait pour but de former des SOS géants. Les agriculteurs veulent attirer l’attention sur les difficultés qu’ils rencontrent. Le prix du lait était notamment dans le viseur, sachant qu’une réunion de la plateforme de l’économie laitière suisse IP Lait est prévue ce vendredi.

Invité à s’exprimer à la tribune, le conseiller national Jacques Nicolet a pu annoncer que le Conseil national avait adopté mercredi une motion favorable aux agriculteurs, qui avait été déposée par son ex-collègue Jean-Pierre Grin. «C’est grâce à votre mouvement que nous parvenons à faire bouger les choses! On n’est pas contre la biodiversité, mais on estime qu’on en fait déjà assez. Et le vrai but, c’est d’obtenir 20% supplémentaires sur tous les produits agricoles d’ici trois ans.»
À sa descente du podium, l’agriculteur de Lignerolle avouait son émotion: «C’est magnifique de voir tout ce monde se mobiliser, en particulier ces jeunes. Notre métier reste le plus beau du monde, mais il faut que nous puissions tous le pratiquer dans des conditions acceptables!»
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