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Avenue Benjamin-ConstantLes piétons s’arment de courage pour traverser

Lausanne teste l’artère en zone 30 pendant deux mois. Disparus les passages pour piétons qui traversent où bon leur semble.

Le passage pour piétons a disparu avec le passage de la rue en zone 30 km/h. PHOTO: PATRICK MARTIN
Le passage pour piétons a disparu avec le passage de la rue en zone 30 km/h. PHOTO: PATRICK MARTIN
PATRICK MARTIN
Les piétons traversent désormais où bon leur semble PHOTO: PATRICK MARTIN
Les piétons traversent désormais où bon leur semble PHOTO: PATRICK MARTIN
PATRICK MARTIN
Du mobilier urbain et des arbres en pot parsèment le secteur. Ici, les places pour les deux roues ont disparu       PHOTO: PATRICK MARTIN
Du mobilier urbain et des arbres en pot parsèment le secteur. Ici, les places pour les deux roues ont disparu PHOTO: PATRICK MARTIN
PATRICK MARTIN
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Depuis une semaine à Benjamin-Constant, il faut être un Lausannois courageux et volontaire pour traverser à pied la rue aux 15’500 véhicules par jour. Les passages cloutés ont disparu. Ils ont cédé la place à de drôles de symboles en couleur, bleus, rouges ou bruns, qu’on dirait peints à la craie par les enfants du collège voisin. Des lignes. Des arches. Des vagues. Des serpentins. C’est que le piéton peut traverser où bon lui semble, pour autant que les motos, les voitures et les bus aient capté qu’ils se trouvent désormais dans une zone 30 km/h. Bienvenue dans une «rue vivante» censée valoriser l’espace public lausannois.

Passer la place Benjamin-Constant en zone 30 km/h, et ses voisines rues de la Paix et Marterey en zones de rencontre à 20 km/h, s’inscrit dans la lignée des mesures récemment prises par les autorités pour accompagner la sortie de la crise sanitaire et favoriser la convivialité dans les espaces publics. Au même titre que la création de pistes cyclables et l’extension des terrasses. À Benjamin-Constant, qui est une des six zones stratégiques identifiées par la Ville comme étant essentielles au déploiement d’une politique d’apaisement du trafic, le paysage a bien changé.

«Zone refuge»

Alors comment ça marche? «Au centre de la chaussée, il y a une zone blanche qui est dessinée. Il faut la considérer comme une zone refuge pour les piétons», décode Fabien Roland. Il est le chef de la Division des espaces publics au Service des routes et de la mobilité. Une sorte de cric-crac où le bipède fait une pause avant de traverser la route, en deux temps donc. Des plots en béton agrémentent encore la zone refuge qui s’étale devant le Café Saint Pierre, mais pas celle plus haut qui semble un peu flotter au milieu du trafic. Et les autres symboles au sol sur les trottoirs et les terrasses alentour? «Ils sont là pour simplement rappeler que nous nous trouvons dans un espace réservé aux piétons», poursuit Fabien Roland.

Derniers aménagements: du mobilier urbain «robuste et réutilisable», des arbres en pots par dizaines et bientôt des transats parsèment toute la zone 30 km/h. Ils ont même chassé les 83 places pour les deux-roues situées en face de l’Hôtel de la Paix. «C’est du n’importe quoi Lausanne. On veut inciter les gens à renoncer à la voiture et on supprime des parkings pour les motos», enrage un scootériste qui découvre le nouvel aménagement. Quarante nouvelles places ont certes été créées un peu plus loin, mais elles ne compensent pas totalement celles perdues, l’idée étant de dégager «un des plus beaux belvédères de Lausanne».

Cette zone 30 km/h est en test pendant deux mois. Le respect de la nouvelle limitation de vitesse, le flux des usagers ainsi que l’importance du trafic seront analysés. Si elle donne satisfaction, la zone pourrait être pérennisée et mise à l’enquête publique. Le bilan après deux semaines d’utilisation? Fabien Roland l’admet déjà: «Il n’est pas exclu de remettre un vrai passage pour piétons.»