Pancarte polémiqueLes policiers vaudois portent plainte contre Mathilde Marendaz
Les forces de l’ordre du canton montent au créneau pour dénoncer l’affiche de l’élue d’Ensemble à Gauche, qu’elles trouvent «indigne et injurieuse».

Indigne, injurieuse, dégradante… La pancarte brandie par la députée vaudoise d’Ensemble à Gauche Mathilde Marendaz sur Instagram (la photo a été retirée entre-temps) ne finit pas de faire des vagues. Dernier acte en date: l’Association professionnelle des gendarmes vaudois (APGV) annonce avoir déposé une plainte contre l’élue.
«Les mots nous manquent devant un tel irrespect de la part d’une élue de notre canton qui soutient les attaques contre notre institution», déclare l’APGV dans un communiqué publié vendredi.
Pour comprendre les origines de l’affaire, un retour dans le passé (récent) s’impose. Dans le cadre d’une manifestation contre le groupe Orllati en mars dernier, Mathilde Marendaz tenait entre ses mains un panneau portant l’inscription «Mange tes Morllati» (en gros) avec un petit «ACAB» griffonné. Cet acronyme signifie «All cops are bastards», c’est-à-dire, en français, «Tous les flics sont des bâtards».
«Message hostile»
«Cet acronyme est, sans distinction, un appel à la haine envers notre institution et tous ses membres. Mme Marendaz dégrade, avec cela, le travail quotidien des policiers qui assurent la sécurité collective de la population vaudoise», dénoncent les forces de l’ordre. Elles insistent sur le fait qu’arborer une telle affiche est «une pratique indigne et injurieuse envers nos membres».

L’APGV soutient aussi qu’en affichant «ce message hostile», Mathilde Marendaz porte préjudice au canton et à ses institutions et viole son serment de députée.
Les policiers semblent davantage courroucés par le fait que «l’élue ne montre aucun remords» dans les médias. Mathilde Marendaz avait expliqué à la presse qu’il ne s’agissait que d’un slogan, faisant fi du symbole extrémiste que représente cet acronyme.
L’affaire a déjà fait l’objet de deux interventions devant le Grand Conseil vaudois le 23 mai dernier. Le ton a été donné par l’UDC Nicolas Di Giulio. L’enquêteur à la police de Lausanne a dénoncé «l’attaque gratuite et infondée contre l’ensemble des policiers». Il a été suivi par le PLR Xavier de Haller, qui a demandé au Parlement vaudois de «rappeler à l’ordre l’élue».
De son côté, en dehors de sa plainte, l’APGV a écrit une lettre ouverte à Séverine Evéquoz, présidente du Grand Conseil vaudois, afin que celle-ci se positionne sur l’affaire.
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