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Lutte contre le Covid-19Les premiers vaccins de Moderna ont déjà quitté Viège

Le laboratoire Moderna attend une autorisation européenne d’ici au12 janvier. La course aux premières vaccinations s’accélère.

Les lignes de production dédiées au vaccin anti-Covid de Moderna en cours d’équipement dans une extension du complexe industriel de Lonza, à Viège, fin septembre. Des dizaines de millions de doses doivent en sortir dès les premiers mois de 2021.
Les lignes de production dédiées au vaccin anti-Covid de Moderna en cours d’équipement dans une extension du complexe industriel de Lonza, à Viège, fin septembre. Des dizaines de millions de doses doivent en sortir dès les premiers mois de 2021.
SEDRIK NEMETH

«Les premières cargaisons ont quitté Viège pour l’usine de conditionnement espagnole Rovi.» Joint mercredi, Dan Staner, responsable en Europe de Moderna, confirme l’accélération de l’ouverture du calendrier sur le front de la lutte contre le Covid-19. Ce laboratoire américain à l’origine d’un des vaccins destinés à enrayer la pandémie qui fait rage depuis dix mois fait appel au groupe Lonza pour le produire par centaines de millions de doses – sur un site flambant neuf en Valais comme dans son usine du New Hampshire.

Les différents pays de l’Union européenne ont déjà réservé de quoi vacciner 80 millions de personnes. La Suisse a de son côté commandé de quoi immuniser 2,25 millions* de personnes auprès de Moderna, auxquels s’ajoutent les doses permttant d’en protéger 4,2 millions* réservées auprès de ses concurrents Pfizer-BioNTech et AstraZeneca. De quoi vacciner au total la moitié de la population.

La vaccination démarre à Londres

Mais aucune campagne de vaccination ne débutera sans feu vert des autorités sanitaire. Et, sur ce front, le sprint final a également débuté. Lundi, Moderna a annoncé avoir déposé une demande d’homologation d’urgence aux États-Unis et en Europe.

Mercredi, son rival Pfizer-BioNTech – qui utilise la même technologie «génétique» révolutionnaire dite de l’ARN messager – a même décroché une première autorisation de commercialisation au Royaume-Uni. Les autorités britanniques ont indiqué que la vaccination des personnes les plus à risque démarrerait la semaine prochaine, grâce à des doses permettant d’immuniser 400000 personnes qui arrivent de l’usine belge de Pfizer.

«Les données pour la demande d’autorisation d’urgence aux États-Unis seront transférées ces prochains jours à SwissMedic.»

Dan Staner, Moderna

Aux États-Unis, un premier verdict de l’Agence des médicaments FDA sur l’utilisation – pour cause d’urgence sanitaire – du sérum de Pfizer-BioNTech doit tomber le 10 décembre. En cas de feu vert, la campagne de vaccination démarrera les jours suivants. Le labo Moderna espère un top départ américain dès le 17 décembre, afin de déployer en fin d’année un stock initial de doses permettant de vacciner 10 millions* de personnes.

Pour l’Union européenne, une éventuelle «autorisation conditionnelle» de l’Agence du médicament EMA pour la diffusion du vaccin américano-allemand est attendue d’ici au 29 janvier. La décision sur celui de Moderna doit tomber d’ici au 12 janvier.

En Suisse, «toutes les données fournies pour la demande d’autorisation d’urgence aux États-Unis seront transférées dans les prochains jours à Swissmedic», indique Dan Staner. Elles viendront compléter un processus de soumission du dossier d’autorisation qui se déroule en continu depuis le 13 novembre.

De 32 à 37 dollars l’injection

Les tarifs de 32 à 37 dollars pour chaque injection sont confirmés par Dan Staner, selon qui «cela reste acceptable lorsqu’on les compare au vaccin contre la grippe saisonnière». Mardi à Berne, lors du point sur la stratégie de vaccination, les autorités fédérales ont rappelé que les injections seraient prises en charge par la Confédération, rendant l’immunisation gratuite.

Le groupe a déjà prévenu que le sérum devrait être rentable. «Nous avons investi des milliards de dollars dans la mise au point de nos produits basés sur l’ARN messager et les profits tirés seront réinvestis dans le développement d’autres traitements», pointe celui qui a rejoint le laboratoire américain après plus de vingt-cinq ans chez Eli Lilly. Moderna planche sur vingt-trois traitements expérimentaux – dont treize au stade clinique contre des virus comme Zika, Epstein-Barr ou le chikungunya. Le partenariat signé pour dix ans avec les usines Lonza concernera certains de ces vaccins.

La vente mercredi par le géant Merck de ses parts dans Moderna – leur valeur a été multipliée par sept depuis le début de l’année – apparaît comme un indice supplémentaire de tournant atteint dans cette course au sérum. La Bourse estimait hier la valeur du petit laboratoire de Boston à 55 milliards de dollars, davantage que celle de la banque UBS.

Et maintenant les seringues

Alors que la diffusion de sérums efficaces se rapproche, la priorité est désormais à la gestion des aspects pratiques des campagnes de vaccination. Mercredi, le groupe Becton Dickinson, numéro un mondial des aiguilles, a ainsi annoncé vouloir investir 1,2 milliard de dollars dans l’accélération de sa production de seringues.

Un obstacle bien plus délicat reste à surmonter: la défiance de la population. Le dernier sondage de Tamedia révèle qu’en Suisse seule une personne sur deux envisage de se faire vacciner contre le coronavirus.

* Tous les chiffres sont exprimés en nombre de personnes vaccinées (par l’injection d’une première dose suivie d’une seconde dose de rappel). Par exemple, les 4,5 millions de doses Moderna commandées par la Confédération permettront de protéger 2,25 millions de personnes.

18 commentaires
    coyotexz

    L’état d’urgence sanitaire de la Suisse se base essentiellement sur le nombre de cas COVID positifs car la mortalité en soit n’est pas du tout en hausse par rapport aux années précédentes. Hors ces tests RT-PCR que l’on pratique abusivement ne sont pas du tout fiables! Récemment la Cour d’appel de Lisbonne a accepté les doutes soulevés par des experts sur la fiabilité des tests COVID. Selon ces mêmes experts, sur 100% de cas positifs seul 3% serait de vrais cas positifs! Actuellement, une même procédure est pendante devant un tribunal régional de Berlin. Alors que le gouvernement de Grande-Bretagne avait stigmatisé la ville de Liverpool comme un important foyer de COVID, a été obligé de revoir son jugement. L’armée anglaise qui a procédé à un nouveau test COVID d’un autre type LIT (Laterfloa invasion test) a finalement trouvé très peu de vrais cas sur 60'000 personnes testées!

    La létalité du COVID-19 est de 0.05%, ce qui fait une maladie bénigne même si des personnes en meurent. Par contre le « sur étiquetage » des cas COVID et des morts COVID est malheureusement une réalité! Il n’existe aucune raison valable de faire vacciner la population en masse! Par ailleurs, si les futurs vaccins protègent à 90% contre le développement de la maladie, ils n’ont aucun impact sur la propagation même du virus au sein de la population.