AboSanté publique en SuisseLes puffs ne quitteront pas les préaux
Des élus fédéraux ont tenté en vain de barrer la route aux cigarettes électroniques à usage unique, qui séduisent les jeunes.

La vente de puffs, ces e-cigarettes colorées jetables aux goûts fruités, a explosé depuis leur arrivée en Suisse en 2020. Une étude d’Unisanté montre que 59% des 14 à 25 ans en ont déjà consommé. 12% en consomment fréquemment, dont 9% des 14-17 ans.
Au Conseil national, Sophie Michaud Gigon (Verts/VD) a essayé de rendre ces produits moins attractifs en les imposant de manière rédhibitoire. En vain. Ce qu’elle regrette. «C’est un problème sanitaire puisque les puffs s’adressent aux ados. Elles sont fun, sentent bon, se mettent dans les trousses d’école comme des Stabilo. Or, en donnant un petit shoot de nicotine, elles sont des portes d’entrée vers la cigarette.»
«En tant qu’enseignant, je constate à quel point les puffs sont un problème. Je ne comprends donc pas comment une majorité des sénateurs n’a même pas voulu entrer en matière sur l’interdiction des additifs.»
Selon l’élue vaudoise, les puffs sont aussi une catastrophe écologique. «Elles se retrouvent trop souvent dans la nature alors qu’elles contiennent des piles au lithium.» Et de noter que d’autres pays les prohibent ou les imposent de manière rédhibitoire. «Le Conseil fédéral aurait d’ailleurs la compétence de les interdire sur la base de la loi sur la protection de l’environnement, puisqu’il s’agit d’un objet à usage unique.»
Pas question d’interdire
Interdire les puffs en Suisse? Pas question pour le parlement. Durant cette session, le Conseil des États a rejeté une proposition de Benjamin Roduit (Centre/VS) pourtant acceptée au National. Pour la majorité, prohiber les puffs, ce serait un peu «étrange», pour reprendre l’argumentaire de Hannes Germann (UDC/SH), qui rappelle que la nouvelle loi sur les produits du tabac, qui prévoit de les taxer davantage, n’est même pas encore entrée en vigueur.

Pas de quoi convaincre le Valaisan. «En tant qu’enseignant, je constate à quel point les puffs sont un problème. Je ne comprends donc pas comment une majorité des sénateurs n’a même pas voulu entrer en matière sur l’interdiction des additifs. Avec cette mesure, on ne touchait pas à la liberté des adultes de se procurer des puffs, mais on limitait leur attrait auprès des jeunes, qui sont surtout séduits par ces arômes.»
Le dossier n’est cependant pas clos, puisque plusieurs autres interventions parlementaires demandant leur interdiction ont été déposées.
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