Passer au contenu principal

Initiative solidaire et goûteuseLes rhums épicés de Leman!c ont un impact local et responsable

Par amour du rhum et du bon goût, Cyril Galland et Tristan Brauchli lancent trois alcools à petites doses.

Tristan Brauchli et Cyril Galland avec leurs premiers essais mis en bouteilles dans les locaux du Lab qu’ils utilisent pour l’instant.
Tristan Brauchli et Cyril Galland avec leurs premiers essais mis en bouteilles dans les locaux du Lab qu’ils utilisent pour l’instant.
Florian Cella/24Heures

Il vous faudra encore deux semaines de patience pour déguster les premiers rhums épicés de Leman!c. On l’a fait en primeur parce qu’on est des chouchous, et il faut avouer que c’est très très bon. Mais fabriquer du rhum arrangé demande du temps, et la première livraison de la jeune start-up infuse encore dans des cuves scellées, à l’abri de la lumière, dans un sous-sol du Lab de Corseaux.

Tout est parti d’un voyage à Madagascar qu’a fait Cyril Galland, aujourd’hui responsable en transformation digitale au TL. Il y découvre les rhums arrangés — ces alcools dans lesquels on fait infuser toutes sortes de goûts — et il adore ça. Il en ramène des épices et une envie d’en faire lui-même, mais avec une seule épice à chaque fois. Surtout, «je voulais avoir un impact local et social». Et comme il faut adoucir ces rhums, il convie dans l’aventure un de ses amis, Tristan Brauchli. Le spécialiste en environnement s’est mis à l’apiculture lors de ses études à l’EPFL et il possède une dizaine de ruches à la ferme de Rovéréaz, à Lausanne. Après dégustation, il tombe lui aussi sous le charme de ces alcools. Le projet Leman!c était né.

Des dosages au gramme

Les deux amis se lancent dans les recettes. «On en a fait plus de 300, explique Cyril Galland. Ça a l’air tout simple, du rhum, du miel et une épice. Mais il faut doser la quantité de miel et d’épice, mais surtout trouver le bon temps d’infusion de chacune d’entre elles. Et le temps est différent pour le gingembre, les fèves de cacao ou la cannelle, nos trois premiers produits.» Les deux compères sont du genre minutieux et exigeants, et ils ont travaillé au gramme près. Mais ils l’avouent aujourd’hui, ils ont failli abandonner la version gingembre jusqu’au dernier essai, enfin concluant.

Les ruches lausannoises de Tristan ne servent pas au rhum parce qu’elles ne produisent pas assez de miel.
Les ruches lausannoises de Tristan ne servent pas au rhum parce qu’elles ne produisent pas assez de miel.
Florian Cella/24Heures

Une fois le bon dosage atteint, il fallait encore deux matières premières. Le rhum vient de Marie-Galante, cette île guadeloupéenne et française. Le miel, c’était plus coton: «En Suisse, beaucoup d’apiculteurs sont amateurs et ils n’ont que quelques ruches, pas de quoi nous fournir les 75 kg nécessaires à chaque fabrication de 400 bouteilles, explique Tristan Brauchli. Il a fallu trouver un producteur plus important.» Mais les deux associés ont un credo: à chaque pack de 200 bouteilles, ils offriront une ruche à un amateur, histoire de sauver les abeilles dans la région.

«C’était bien sûr impossible de trouver du rhum ou du gingembre de la région»

Tristan Brauchli, cofondateur de Leman!c

Ils se sont souciés de tous les détails dans leur souci de responsabilité environnementale et locale. «C’était bien sûr impossible de trouver du rhum ou du gingembre de la région», avance Tristan. Mais les bouteilles viennent de Saint-Prex, les cartons sont fournis par Polyval, la fondation d’intégration sociale. «On est en train de réfléchir à lancer des verres de dégustation qui seraient fabriqués par des personnes en situation de handicap à la Cité Radieuse d’Échichens. Et nos étiquettes sont imprimées ici, même si ça nous coûte plus cher qu’à l’étranger», conclut Cyril.

Démarrage en douceur

Pour aider leur démarrage en production, Leman!c a lancé un crowdfunding qui a rencontré un franc succès. «Nous avons atteint en sept jours ce que nous espérions en un mois et demi.» Les précommandes ont ainsi afflué, avec une préférence pour la version cannelle. «Un barman de Lutry, Kevin, a déjà publié une recette de cocktail sur son Instagram avec notre rhum cannelle, ça explique peut-être pourquoi», sourit Tristan.

Deux restaurants et deux épiceries se sont annoncés, mais Leman!c a un souci. Les amis font cela sur leur temps libre, veulent que cela reste un artisanat et n’ont pas prévu de local dans leur business plan. «Notre idée est de faire deux batches par année, un en décembre et un en juin, pas forcément avec les mêmes épices, affirme Cyril. Si les choses marchent bien, on fera un peu plus de bouteilles, on achètera une embouteilleuse et une étiqueteuse, mais on ne sera jamais dans de grosses productions.»

Précommande sur www.rhum-lemanic.ch

3 commentaires
    Alex de la Chapelle

    Donc le miel vient d'où?