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AboNouvelles technologies
Les robots travaillent déjà dans nos fermes

Une nouvelle étable en bois trône dans la cour intérieure du Musée des transports, à Lucerne. Elle abrite une exposition sur le secteur agroalimentaire suisse.
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Essayez d’imaginer le robot Wall-E, sorti de l’imagination des studios Pixar, mais conçu pour les besoins d’un agriculteur. C’est la première image qui vient en voyant cette machine, ses quatre pieds sur roues et sa toiture surmontée d’une caméra – soit le désherbant autonome qui accueille le public au Musée suisse des transports, à Lucerne, à l’occasion de l’exposition «Des fourches aux drones: l’agriculture aujourd’hui».

Cette nouvelle attraction pluriannuelle nous plonge dans le secteur agroalimentaire suisse ainsi que dans ses innovations techniques. Croisée dans la grande étable en bois qui lui sert d’écrin, une visiteuse est ébahie. «À mon époque, on n’avait pas toutes ces machines.» Cette retraitée romande travaillait plus jeune dans une ferme. De son propre aveu, elle est «nulle avec les natels», mais elle n’en est pas moins admirative des progrès en cours dans l’agriculture.

Gain de précision

Robots de traite, moissonneuses-batteuses avec pilote automatique, drone détecteur de faons dans les champs: les machines prennent une place toujours plus importante dans le paysage agricole. L’Union suisse des paysans (USP) y voit une tendance de fond. «Ces dernières années, l’offre de nouvelles technologies a connu un développement fulgurant dans le domaine agricole», décrit Michel Darbellay, membre de la direction.

«Grâce aux innovations technologiques, il est beaucoup plus facile de déterminer l’état des plantes et de prendre des décisions sur la base des données obtenues.»

Michael Feitknecht, chef du département Production végétale de Fenaco

Ce bond numérique, la faîtière des agriculteurs l’applaudit des deux mains. Parmi les avantages mis en avant, il y a le gain de précision et la réduction de l’impact environnemental. Fenaco, qui a contribué à mettre l’exposition sur pied, donne l’exemple d’un pulvérisateur haute précision développée par la société vaudoise Ecorobotix. «Cette technologie permet de traiter des plantes de manière ciblée. L’utilisation de produits phytosanitaires est ainsi réduite de 90%», se réjouit Michael Feitknecht, chef du département Production végétale de la coopérative. Comme produits en phase de test ou de lancement, il cite encore le Farmdroid, un robot de terrain alimenté par panneaux solaires qui sème et sarcle les mauvaises herbes de manière autonome.

Autre atout, selon Michael Feitknecht, les nouveaux outils permettent de mieux connaître l’état des cultures, et de réagir de manière adaptée. «De nombreux facteurs tels que la pluie, la sécheresse, les substances nutritives ou les maladies influencent la croissance des plantes. Grâce aux innovations technologiques, il est aujourd’hui beaucoup plus facile de déterminer leur état et de prendre des décisions sur la base des données obtenues. Cela permet aux agricultrices et agriculteurs d’assurer une production plus durable et plus efficace.»

Réduction des risques

Dans le virage technologique en cours, les drones ont pris une place de choix pour de multiples tâches. Ils sont notamment toujours plus visibles au-dessus des vignobles, sur lesquels ils appliquent des produits phytosanitaires. Cela permet une alternative aux traitements au sol et à l’hélicoptère, commente Michel Darbellay. Qui souligne un autre point important: «Quand une personne applique manuellement ces produits, elle est exposée. Grâce aux drones, on diminue les risques.»

«Les machines restent une aide. Elles ne vont pas remplacer les paysans, qui ont, eux, le savoir-faire.»

Michel Darbellay, membre de la direction de l’Union suisse des paysans

Pour le responsable de l’USP, ce genre d’outils aurait aussi un rôle à jouer pour soulager la pénibilité de certaines tâches ou encore pour combler les difficultés à trouver de la main-d’œuvre. Mais il insiste: «Les machines restent une aide. Elles ne vont pas remplacer les paysans, qui ont, eux, le savoir-faire.»

Des incitations financières?

Cela dit, les drones et les robots ne sont pas à la portée de toutes les bourses. «Vu les avantages environnementaux, notamment, des aides publiques pourraient doper leur diffusion», estime Michel Darbellay. Pour encourager l’introduction et l’utilisation de nouvelles technologies dans les entreprises agricoles suisses, Agroline, une filiale de Fenaco, a lancé la plateforme Innovagri. «L’acquisition de ces machines et équipements innovants est généralement trop risquée ou trop coûteuse pour les entreprises individuelles, détaille Michael Feitknecht. La plateforme met à disposition des agriculteurs et agricultrices, en collaboration avec les LANDI, des outils technologiques.»

L’exposition «Des fourches aux drones: l’agriculture aujourd’hui», visible pour plusieurs années au Musée suisse des transports de Lucerne

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