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Égalité salarialeLes salaires du secteur public sont encore discriminatoires

Lancée en 2016, la Charte sur l’égalité salariale dans le secteur public a recueilli l’adhésion de 16 cantons et 103 communes.

En Suisse, 16 cantons et 103 communes ont ratifié la Charte pour l’égalité salariale depuis 2016.
En Suisse, 16 cantons et 103 communes ont ratifié la Charte pour l’égalité salariale depuis 2016.
BFEG

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Lancée en septembre 2016 par le conseiller fédéral Alain Berset, la Charte pour l’égalité salariale dans le secteur public n’a pas encore obtenu l’adhésion générale. Et de loin. Seuls seize cantons (sur 26) et 103  communes (sur 2172) ont paraphé le texte, qui stipule qu’ils devront appuyer «la mise en œuvre de l’égalité salariale dans leur champ d’influence, en tant qu’employeurs, lors d’appels d’offres publics ou en tant qu’organes attribuant des subventions». Le texte n’est pas contraignant sur le plan juridique, mais les signataires s’engagent à effectuer un contrôle régulier de l’égalité salariale au sein de l’administration. Selon le monitoring du Bureau fédéral de l’égalité entre les femmes et les hommes (BFEG), lancé en 2016, la plupart des cantons effectuent ces contrôles, qu’ils soient signataires ou non.

Tous les Romands ont signé

Parmi les seize cantons signataires, on retrouve tous les romands. Les dix réfractaires se trouvent principalement en Suisse centrale. Et si des villes de sept d’entre eux ont tout de même signé, on n’en trouve aucune à Nidwald et en Appenzell Rhodes-Extérieures, pas non plus en Appenzell Rhodes-Intérieures, ce demi-canton déjà tristement célèbre pour avoir accordé le droit de vote à ses citoyennes – sur décision du Tribunal fédéral – vingt ans plus tard que la Suisse…

Dans le canton de Vaud, treize communes ont signé. Lausanne, Nyon, Renens et Vevey étaient les plus promptes à répondre à l’appel (2016). Ont suivi Montreux, Aigle et Saint-Légier (2018), puis Épalinges, Gland, Lutry et Morges (2019), et enfin Bourg-en-Lavaux et Crissier (2020).

Depuis novembre 2019, les organisations proches du secteur public ont elles aussi la possibilité de signer la charte. À ce jour, 60 entreprises parapubliques sont signataires, dont seize vaudoises, comme la Clinique Cecil, la Fondation PROFA ou encore les TL. À noter que la révision, en juillet 2020, de la loi sur l’égalité (LEg) stipule que toutes les entreprises employant 100 personnes ou plus (temps partiels compris, apprenti·e·s exclu·e·s) doivent effectuer à l’interne une analyse de l’égalité salariale selon une méthode scientifique et la faire vérifier par un organe indépendant tous les quatre ans.

Encore trop d’écart de salaire

Selon les derniers chiffres de l’Office fédéral de la statistique (2016), les femmes gagnent en moyenne 19,6% de moins que les hommes dans le secteur privé, dont 8,1% demeurent inexpliqués. L’écart de salaire est légèrement plus faible dans le secteur public: il s’élève à 16,7%, dont 5,9% sont inexpliqués. Depuis 2014, cette part inexpliquée a baissé dans le secteur public, pas dans le secteur privé.

9 commentaires
    Martin Reamy

    Dans les cantons qui ont souhaité l’égalité, il en résulte une baisse globale des salaires. Ainsi les salaires des hommes et des femmes ont été revus à la baisse drastiquement!

    Je ne remercierai jamais assez les socialiste pour cette vision de l’égalité salariale d’un autre temps.