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Libération de la paroleLes violences sexuelles entre hommes restent trop souvent tues

Le hashtag #metoogay a permis à de nombreuses victimes homosexuelles de témoigner des violences subies. Sur le terrain vaudois, comment cette libération de la parole est-elle perçue?

Aymeric Dallinge, travailleur social au PAV, regrette les fantasmes autour de la sexualité des homosexuels qui maintiennent les victimes dans le silence.
Aymeric Dallinge, travailleur social au PAV, regrette les fantasmes autour de la sexualité des homosexuels qui maintiennent les victimes dans le silence.
Chantal Dervey

En janvier, Guillaume T. accusait l’élu parisien Maxime Cochard et son compagnon de l’avoir violé. Ce mercredi 10 février, on apprenait que le jeune homme avait été retrouvé mort dans sa chambre et que selon les premières constatations, il s’agirait d’un suicide.

Dans le sillage de Guillaume T., d’autres victimes homosexuelles avaient pris la parole sur les réseaux sociaux, au moyen du hashtag #metoogay. «Je ne suis pas étonné de ce que je lis enfin aujourd’hui, explique Raphaël Depallens, éducateur social. C’est très positif d’oser parler.» En 2014, dans «24 heures», il témoignait de l’agression sexuelle dont il avait été victime chez lui. Deux ans auparavant, en 2012, il avait créé à Lausanne le PAV (Pôle Agression et Violence) «pour que les victimes homosexuelles se rendent compte qu’elles ne sont pas seules et qu’elles puissent parler de ce qui leur est arrivé avec des personnes formées pour les écouter». L’action de la structure se divise en trois axes: l’accueil d’urgence, la prévention des violences sexuelles et la formation (policiers, professionnels de la santé, etc.).

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