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La Une | Vendredi 6 décembre 2019 | Dernière mise à jour 13:05

Aphrodite ou le sombre destin de Chypre

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Aphrodite, déesse de l'amour, serait née au nord de Nicosie.

Elle serait aussi l’une des trois déesses à l’origine de la guerre de Troie. Plus de deux millénaires après cette épopée, Chypre revient sur le devant de la scène internationale. Elle est le théâtre d’une descente aux enfers qui pourrait marquer un tournant dans l’histoire de l’Europe. L'UE et le FMI se sont mis d'accord sur un nouveau programme destiné à résoudre la crise des banques chypriotes, en échange d'un renflouement de 10 milliards d'euros. Le tribut à payer pour éviter une faillite de Chypre et sa sortie de la zone euro. Mais pour la première fois dans la crise de la zone euro, les déposants privés détenant plus de 100'000 euros seront directement pénalisés et un établissement bancaire (le 2e du pays) sera mis en faillite.

Pour éviter la course aux guichets d’épargnants paniqués (bank run) et la fuite en catimini des capitaux étrangers (capital run), les banques chypriotes sont fermées depuis le 16 mars. Des milliers d'emplois dans la banque et dans les services financiers sont menacés. Les entreprises sont paralysées. L’avenir de l’île, largement dépendante de sa place financière, est en jeu. Selon les estimations les plus hautes, le système financier contribuerait à hauteur de 45% du PIB chypriote.

Les mesures prises pour empêcher la fuite des capitaux vont également viser les comptes détenus par des étrangers, dont plus de 20 milliards d’euros par des Russes selon Moody’s. Les Européens se justifient en disant que les fonds russes concentrés à Chypre ont une origine douteuse. Ce qui n’empêche pas des établissements bancaires européens de démarcher ces clients russes, a avertit la Chambre de commerce chypriote.

L’Odyssée des temps modernes promet encore de nombreux rebondissements dans la crise bancaire européenne. S’il fallut plus de 10 ans à Ulysse pour rejoindre son île d’Ithaque après la guerre de Troie, il en faudra probablement bien davantage pour que la zone euro arrive à bon port. Selon une enquête de Reuters auprès d’une vingtaine d'économistes, d’autres pays devraient à leur tour solliciter l’aide internationale. L’Espagne et la Slovénie seraient les plus exposées. La question qui taraude les esprits est de savoir si le modèle imposé à Chypre sera désormais appliqué à d’autres pays. Une réponse est hasardeuse à ce jour. En revanche, il est sûr que le cas chypriote exacerbe la fragmentation entre le noyau dur et la « périphérie » de l’UE et qu’il attise les craintes de Monsieur Madame Tout le Monde d’être à leur tour, un jour, confrontés aux guichets fermés de leur banque et d’une perte sèche sur leur épargne.

Découvrira-t-on à temps le cheval de Troie salvateur ?

Créé: 27.12.2013, 09h38

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