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La Une | Mercredi 20 novembre 2019 | Dernière mise à jour 17:05

La responsabilité sociale du consommateur

AchatsNotre chroniqueuse se demande comment éveiller la conscience du consommateur face aux produits à bas coûts fabriqués en Asie. La réponse se trouve dans son porte-monnaie.

Image: Archives /Keystone

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Il fut un temps, pas si éloigné d’ailleurs, où l’on commença à parler de CSR. En anglais dans le texte, le Corporate Social Responsabiliy. Surtout après de grosses attaques à l’environnement comme des marées noires ou des baskets produites par des enfants. En français cette notion a pris la couleur de «Responsabilité Sociale de l’Entreprise», la RSE. Parfois, certaines entreprises règlent leurs comptes avec leur conscience et surtout leurs clients en soutenant de belles causes comme la survie des baleines à bosse ou l’éducation des petites filles en Thaïlande. Causes louables, s’il en est.

La responsabilité sociale de l’entreprise est parfois devenue un moyen sournois de permettre au consommateur de dire «c’est de sa faute». J’achète moins cher que moins, les ouvriers sont des esclaves, mais moi, consommateur, je ne le sais pas, c’est de la faute à la société X ou Y ou Z qui elle est coupable. Un peu comme dans certains couples où vous entendez Madame passer son temps à dire du mal de Monsieur, sans jamais se poser la question de sa propre responsabilité dans la relation.

Spirale vers le haut, vers le bas

Certains consommateurs sont ainsi, mais de plus en plus, les consommateurs se réveillent à la réalité et prennent leur rôle très à cœur. Car, dans le meilleur des mondes possibles, si personne n’achetait un T-Shirt à moins de 10 francs, les entreprises ne réduiraient pas leurs ouvriers en esclaves pour augmenter la cadence et produire encore moins cher que le concurrent. Il faut rappeler que si une spirale vers le haut n’a pas de limite, un prix pouvant aller jusqu’à autant de zéros que vous pouvez imaginer, la même spirale orientée vers le bas finit fatalement à zéro, son point mort. Mort pour l’esclave en tout cas.

Vous me direz que rien ne prouve que si j’achète un T-Shirt à 10 francs l’ouvrier de Corée touchera plus que si j’achète un T-Shirt à 5 francs. Effectivement, rien ne prouve que celui qui produit touche plus. Et pourquoi ? Parce que vous ne connaissez pas cette entreprise, vous ne connaissez pas les lois du travail, vous ne connaissez pas le patron, vous ne connaissez pas les employés… en bref, vous ne connaissez RIEN. Vous achetez sans savoir. Et curieusement, dès qu’une femme lit sur l’étiquette de sa robe un message de SOS de l’esclave qui l’a produite, elle se sent très mal au cœur et ne peut plus porter la dite robe.

C’est toute l’histoire de la conscience. Pour qu’elle s’éveille, il lui faut un minimum de connaissance. Alors comment faire me direz-vous pour éveiller la responsabilité sociale du consommateur ?

Eco-local

Celui qui paye décide. Cet adage est vieux comme le monde. Le consommateur tient dans ses mains l’arme la plus décisive qui soit : le porte-monnaie. Alors comment savoir que le T-Shirt à 10 francs a permis à l’ouvrier qui l’a produit de nourrir sa famille? En développant votre connaissance. Si vous connaissez cette entreprise, si vous connaissez les lois du travail, si vous connaissez le patron, si vous connaissez les employés…

Impossible criez-vous ? Mais pas du tout. Regardez autour de vous. Vous êtes entouré d’entreprises, de patrons, d’employés. Vous connaissez les lois de votre pays, de nos pays européens. Un T-Shirt produit en Corée est moins cher que celui produit en Europe? Êtes-vous sûr? Si les consommateurs deviennent des acteurs responsables, comme pour les produits écologiques et polluants, la responsabilité sociale des entreprises sera une réalité. Moins d’esclaves là-bas pour plus d’emploi ici. La proposition vous tente?

Alors devenez un consommateur responsable, c’est vous qui décidez, en connaissance de cause si vous achetez les yeux fermés sur des atrocités ou les yeux ouverts sur le plaisir de partager la production et la consommation avec des gens comme vous et moi.

La Responsabilité Sociale du Consommateur commence par devenir éco-local. Ici et maintenant, que ce soit de l’achat ou de la production. Bien sûr pas pour tout, mais n’achetons pas les haricots du Kenya ou les meubles chinois !

Quel que soit le produit ou l’objet, l’arme efficace pour lutter contre le chômage ici et l’esclavagisme là-bas est bien dans votre porte-monnaie, pensez-y!


Jill Székely est consultante en genre, formatrice et coach. Après une carrière de vingt ans dans la gestion de fortune, Jill a lancé sa société WiB-Swiss qui est une plateforme de services pour les femmes et pour les entreprises dans la sphère professionnelle, et pour les hommes et les couples dans la sphère privée. Sa vision est que les femmes et les hommes sont socialisés différemment mais que c'est en travaillant ensemble que la situation peut évoluer et non en s'élevant les uns contre les autres. Ni victime ni bling-bling, la femme est une partenaire professionnelle. Ni macho ni salaud, l'homme est un partenaire familial.

Créé: 24.09.2014, 13h14

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