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La Une | Samedi 19 octobre 2019 | Dernière mise à jour 17:34

Suisse-UE, la messe n'est pas dite

BilatéralesL'heure est à la négociation entre la Confédération et l'Union-Européenne qui refuse notre option des contingents. Le chemin est escarpé, mais les deux parties ont intérêt à maintenir le dialogue.

Image: Keystone

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L’annonce officielle est tombée. LʼUE refuse de négocier des contingents et la préférence nationale. Il fallait s’y attendre tant ces deux mesures vont frontalement à l'encontre du principe même de la libre circulation des personnes. La manœuvre tactique est limpide: mettre la Suisse sous pression, sachant que l'accès au marché intérieur européen est de première importance pour notre pays.

L'arbre ne doit toutefois pas cacher la forêt. Les deux parties ont intérêt à poursuivre la voie bilatérale. La Suisse est un véritable moteur pour les exportations européennes et un employeur important pour leurs ressortissants. Je doute que nos voisins soient prêts de l’oublier, à l’heure même où bon nombre d’entre eux tentent encore de se reconstruire et d’endiguer le chômage.

Dialogue d'importance

Certes, le chemin des négociations est des plus escarpé. Raison de plus de garder la tête froide. La priorité, à l’heure actuelle, est de maintenir le dialogue. LʼUE étant avant tout un projet politique, c’est à ce niveau qu’il convient d’opérer. D’autant que selon Catherine Ashton, lʼUE serait ouverte à des discussions sur des problèmes pratiques en lien avec lʼaccord sur la libre circulation des personnes. Et que l’UE souhaite trouver une solution pour simplifier la gestion des accords (accord cadre).

Mais c’est aussi sur le front interne qu’il convient d’agir pour contrer ceux qui prétendent que la Suisse peut sans autre se passer des Bilatérales. Un travail de sape en bonne et due forme qui tente d’éluder la réalité des faits. Oui, car n’en déplaise à certains, la voie bilatérale représente bien plus que la simple addition dʼaccords.

En accroissant la sécurité pour les investissements en Suisse, les Bilatérales donnent une dynamique d’ensemble dont les résultats sont indiscutables : - Sans le commerce bilatéral et des investissements dans lʼUE, le PIB suisse atteindrait jusquʼà 200 milliards de moins par an. - Entre 2001 et 2012, jusquʼà 700 000 emplois n’auraient pas pu être créés. - Les Suisses en ont aussi profité comme l’illustre la progression du PIB par habitant qui a passé de 9'000 francs avant les Bilatérales (2002) à plus de 13'000 francs (en termes nominaux).

Retour du Moyen-Âge

A ceux qui prétendent que nous pourrions nous contenter de l’accord de libre échange de 1972, je réponds que le retour au Moyen Âge n’est pas une option. De même, au lieu de répéter – tel un mantra – que la souveraineté nationale est en péril, il conviendrait d’accepter que la marge de manœuvre des États a singulièrement évolué.

Dans un monde globalisé, croire que l’on peut tout décider tous seuls est un leurre. Cela ne signifie en aucun cas qu’il faille se plier aux quatre volontés de nos partenaires commerciaux mais il convient de faire preuve de pragmatisme, comme nous avons si bien su le faire jusqu’à présent. Avec succès.

Cristina Gaggini a passé son enfance entre Genève et Lugano avant de s'installer à Lausanne. Titulaire d'une licence en sciences politiques, d’un diplôme fédéral supérieur de «Conseillère en relations publiques» et d’un diplôme de «Directeur de communication» du Sawi, elle a démontré son intérêt pour l'économie suisse en débutant son parcours professionnel à l'Osec Business Network Switzerland, qui a pour mission d'aider les PME suisses à développer efficacement leurs relations commerciales internationales. En novembre 2008, Cristina Gaggini rejoint Economiesuisse et en est la directrice romande depuis le 1er avril 2009.

Créé: 08.08.2014, 09h50

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