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La Une | Samedi 19 août 2017 | Dernière mise à jour 02:32

Tout ce qui brille n’est pas or!

VotationLa directrice romande d'Economiesuisse ne mâche pas ses mots pour marquer son opposition à l'initiative «Sauvez l'or de la Suisse».

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Le travail de sape contre nos institutions mais aussi contre les intérêts des Suisses continue. L’initiative sur la Banque nationale, en votation ce 30 novembre, marque l’apothéose de la démagogie populiste et anti-establishment. Elle fait fi de la réalité, avec une consternante légèreté, en abusant sans scrupules du maître-mot à la mode, la souveraineté ! Sans surprise, le projet émane de membres de l’ASIN. L’UDC Suisse a, certes, pris ses distances et milite pour le rejet, mais 15 sections cantonales sont déjà tombées dans le filet.

Pourquoi, au juste, amasser de l’or sous le matelas poserait-il problème ? La Banque nationale suisse (BNS) serait contrainte d’acheter - dans un court délai - près de 65 milliards de francs de métal jaune ! Point besoin d’être docteur en économie pour comprendre que cela provoquerait illico presto une flambée de prix du métal précieux. Pour le plus grand bonheur des spéculateurs dans le monde entier, qui suivent déjà de très près la situation. Contrairement à la BNS, ils seraient libres de vendre leur avoir et d’empocher les gains. Certains d’entre eux auraient d’ailleurs mis la main au porte-monnaie pour financer la campagne des initiants…

Pieds et mains liés

Et après, que fait-on de tout cet or ? C’est ici que l’on prend la réelle mesure de la dangerosité de cette initiative. La BNS aurait l’interdiction totale – dixit la Constitution - de revendre cet or. C’est comme si l’on vous obligeait à acquérir un extincteur mais en vous interdisant de l’utiliser en cas d’incendie ! Sauf à avoir la nostalgie de l’oncle Picsou, on voit à quel point c’est une ineptie. Les pieds et les mains liées, la BNS perdrait en crédibilité et en cohérence sur les marchés. Si l’initiative avait été en vigueur en 2011, qui aurait pris au sérieux sa détermination à défendre le taux plancher du franc face à l’euro ? En cas d’acceptation, les conséquences seraient immédiates et cinglantes : le franc prendrait l’ascenseur. Nos exportateurs et le tourisme seraient dans la tourmente. Quant aux charettes de licenciements, n’en parlons pas …

«L’or est un actif de réserve plus solide que les monnaies étrangères» prétendent les initiants. Seraient-ils devenus des spécialistes de la politique monétaire, par enchantement ? Ouvrons les yeux. Cette allégation est mensongère. Le cours de l’or est tout autant volatil que celui des autres actifs financiers. Pour preuve, c’est à cause des pertes sur l’or que la BNS n’a pas pu verser de dividendes aux pouvoirs publics en 2014. Et l’or ne rapporte aucun cash-flow sous forme de dividendes ou d’intérêts. Une part accrue de l’or rendrait dès lors le versement des bénéfices aux Cantons et à la Confédération plus difficile. Qui en ferait les frais ? Le peuple. Moins de recettes, c’est moins de prestations sociales et/ou des hausse d’impôts.

Seule l’indépendance de la BNS, aussi bien du politique que du métal précieux, lui permet d’exercer son mandat de manière optimale, et par là même d’assurer la stabilité de notre pays. Ne mettons pas des chaînes à notre Banque nationale, fussent-elles en or!

Cristina Gaggini a passé son enfance entre Genève et Lugano avant de s'installer à Lausanne. Titulaire d'une licence en sciences politiques, d’un diplôme fédéral supérieur de «Conseillère en relations publiques» et d’un diplôme de «Directeur de communication» du Sawi, elle a démontré son intérêt pour l'économie suisse en débutant son parcours professionnel à l'Osec Business Network Switzerland, qui a pour mission d'aider les PME suisses à développer efficacement leurs relations commerciales internationales. En novembre 2008, Cristina Gaggini rejoint Economiesuisse et en est la directrice romande depuis le 1er avril 2009.

(nxp)

Créé: 18.11.2014, 11h44

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