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La Une | Mercredi 23 octobre 2019 | Dernière mise à jour 08:30

Sotchi: Vive les JO au pays du tsar system!

Coup de griffeEt voilà, nous y sommes. Prêts pour cette 22e méga messe hivernale qui, avec une cérémonie à la mesure de la démesure ambiante, s’ouvre ce soir à Sotchi. Sous la houlette du pape Vladimir Ier..

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L'homme est accroché à ses Jeux comme une moule à son rocher. Logique, il s’agit de l’événement le plus maousse en Russie depuis la chute de l’URSS en 1991. Et du moment qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, je comprends que le pontife, veillant notamment à l’importance de sa future image dans l’histoire, ait mis du sien depuis 2007 pour décrocher la chose.

Une chose faramineuse, dont le budget se monte à 50 milliards de dollars (45 milliards de francs). Davantage que tous les Jeux Olympiques organisés jusqu’ici. Rien que les voies menant à la station de Krasnaïa Poliana, à soixante kilomètres de Sotchi, ont coûté la bagatelle de 6,5 milliards (5,9 milliards de francs). Autant que les JO de Vancouver.

Un petit plaisantin a d’ailleurs remarqué qu’à ce prix, on aurait pu recouvrir la route d’un centimètre de caviar Beluga. Autrement dit, du pareil au même question gâchis. Un gigantisme qui n’est pas du goût de tout le monde. Des ministres, premiers ministres et chefs d’Etat, dont Obama et Hollande, ont déjà annoncé leur absence.

Malhonnêtes Occidentaux

Du coup, le porte-parole de Poutine crie à la tentative de discrédit de la part de malhonnêtes Occidentaux. Alors que ce cher François, même s’il se pince le nez, est surtout trop occupé à se dépenser ailleurs depuis quelque temps… Ces excès pharaoniques, propices à la distribution de pots-de-vin colossaux, ne sont pas non plus seuls à déranger (Visionner l'excellente enquête de Temps présent sur la RTS diffusée hier soir à ce propos). On le serine depuis belle lurette, il y a les atteintes aux droits de l’homme, à la nature, la discrimination des gays, sans oublier les menaces terroristes. D’où les réticences de certains journalistes. A l’image du chef des sports de la RTS, Massimo Lorenzi. Jouant les vierges effarouchées, il avoue ressentir un vague malaise.

Un feeling pesant qui l’a poussé à se poser de douloureuses questions existentielles. A quoi ça sert tout ça? Ne devait-on pas boycotter? Que nenni, a-t-il tranché après trois secondes d’intense réflexion. Car lui et les siens sont au service d’un public dont l’adhésion est totale et l’attente incroyable. Imaginez un peu! Sur les 163 Suisses présents, il n’y a jamais eu autant de prétendants aux médailles.

Une dizaine de médailles suisses?

On nous en promet de dix à quinze. Mazette, on rêve! Rassurez-vous, le chef de mission Gian Gilli a tout de suite relativisé. Cet objectif ne saurait être atteint que si les athlètes obtiennent leurs meilleures performances au Jour J, a-t-il déclaré le plus sérieusement du monde. Lapalisse en est tout écorché aux entournures à force de se retourner dans sa tombe de jalousie…

Il n’empêche. Face à cette armada de héros potentiels, le sentiment de gêne du beau Massimo est vite passé. Moralité on y va et on met le paquet. Vous en prendrez donc quotidiennement pour quinze heures rien que sur la deux. Deux cent cinquante heures de direct en quinze jours (les épreuves-clés sont aussi à suivre en direct sur 24 heures). Mais attention, ce sera du costaud.

Mot d’ordre: réactivité et souplesse en dehors des traditionnels exercices imposés. Et l’ensemble sera couvert en totale indépendance. Le regard acéré sinon soupçonneux, le chef et ses troupes montreront ce qu’ils voudront, au plus près de leur conscience. Sans rien cacher. Pas question de jouer les valets du CIO ou de se faire avoir par le maître du Kremlin. Et cela en dépit de la mise sous surveillance par le KGB de chaque connexion internet. Ce courage, j’en suis baba.

Nouvelles disciplines

Il leur en faudra pour nous dépiauter par le menu ces JO pas comme les autres. Surtout avec l’introduction de nouvelles disciplines qui ont vu le jour avant et pendant la construction des infrastructures éléphantesques. Comme le jet de braves gens à la rue, le slalom entre personnes déplacées, la course au désastre environnemental, la descente dans les milieux d’opposition, la chasse aux homosexuels...

Décidément, que de pain sur la planche pour nos 36 journalistes dépêchés au pays du tsar system!

Edmée Cuttat, journaliste, a été rédactrice en chef adjointe de la Tribune de Genève pendant 15 ans, quotidien au sein duquel elle a aussi dirigé de nombreux magazines culturels. Fan de cinéma et également férue de sport, elle en aime plus particulièrement l’aspect psychologique et sociologique. Sorte de caricaturiste de la plume, elle parle de sport en grossissant le trait, à travers des coups de griffe qu’elle réserve aux stars notamment du football et du tennis.

Créé: 07.02.2014, 16h09

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