AboL'Europe entière va devoir apprendre à combattre ce cancer
Quatre mois et neuf jours après s'être déchaînée dans Paris, la violence terroriste, lâche, honteuse, aveugle et absurde s'est abattue au cœur de Bruxelles, là où bat celui des institutions européennes, mais là aussi où la tumeur djihadiste a ancré des métastases dévastatrices.
On le redoutait depuis les attaques parisiennes, on en a la sanglante confirmation depuis hier matin: le cancer de la déviance islamiste est là pour durer, et ses éclatements de haine, ses bombes, ses fusillades, ses tueries se reproduiront ailleurs. L'épée de Damoclès est à détente multiple, elle est difficilement supportable pour une société construite autour de la liberté individuelle et de l'Etat de droit.
«Loin d'être à la solidarité de circonstance, le climat européen est au repli sur soi. La réponse ne peut qu'être collective»
L'Europe – le continent, dans son ensemble, sans exceptions – va devoir apprendre à vivre avec cette menace. L'Europe va surtout devoir apprendre à la combattre. Plus vite, plus fort, plus méthodiquement. Une gageure. En quelques jours, nous sommes passés d'une petite victoire (l'arrestation de Salah Abdeslam, le seul participant des attentats du 13 novembre capturé vivant) à une terrible défaite. La concomitance des dates n'est pas le fruit d'une riposte de Daech à la prise d'un exécutant visiblement moins «fiable» que les autres, mais plutôt le hasard d'une traque qui a débouché sur un résultat partiel. Les enquêteurs belges et français avaient des indices qu'un nouvel attentat se préparait, ils ont eu Abdeslam le second couteau, mais hier plus de trente personnes ont perdu la vie sous les bombes des terroristes kamikazes qui leur ont échappé.
Nous l'écrivions en novembre, il faut hélas le redire aujourd'hui: quelle part de notre quotidien sommes-nous prêts à sacrifier pour améliorer notre sécurité? Comment trier les mesures utiles des effets de manches, les modifications légales qui s'imposent des récupérations idéologiques, les mises en garde raisonnées des obsessions vengeresses?
Le contexte global auquel l'Europe fait face est particulièrement compliqué. Les messages d'unité et de soutien entendus hier à l'adresse de la Belgique meurtrie mettent évidemment du baume sur les blessures d'un pays dont on mesure l'angoisse et l'introspection, à porter en son sein les éléments de la terreur. Mais ces discours à l'unisson ne font pas oublier la foire d'empoigne de ces dernières semaines autour de la gestion de la crise migratoire et du conflit syrien. Ils n'éclipsent pas non plus l'état général d'une Union européenne dont le seul projet tangible est aujourd'hui d'éviter qu'un de ses membres les plus importants ne déserte. Loin d'être à la solidarité de circonstance , le climat européen est au repli sur soi. Même dans ce combat vital contre le cancer du terrorisme, où le contrôle des frontières est sans doute utile, la réponse ne peut être que collective.
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