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L’éditorialLHC, quand le contribuable ne voit pas passer le puck

Des lanceurs d’alerte, vous en connaissez certains. Le wikileaksien Julian Assange dont la saga judiciaire faite d’exils forcés ne semble jamais prendre fin. Edward Snowden, l’ancien de la CIA désormais confiné en Russie et qui a même eu droit à son film. Il y en a aussi qui font du blanchiment d’appellation. Comme Hervé Falciani qui a détourné des données au profit de son porte-monnaie en essayant de se faire passer pour un chevalier blanc contre secret bancaire.

Et puis, il y a ceux dont le nom ne dira rien au grand public. Comme Rui Pinto, dont le procès s’est ouvert au Portugal cette semaine. Et pourtant, on lui doit la «paternité» d’un grand nombre d’articles que vous avez lus dans ces colonnes ces derniers mois. Dont les Football Leaks qui ont eu un impact jusqu’au procureur général de la Confédération, contraint à la démission. Ou, via les Luanda Leaks, avec la fille de José Eduardo dos Santos, qui dirigea lAngola dune main de fer pendant trente-huit ans (1979-2017), qui achetait un joaillier genevois avec de l’argent public.

«Il y a aussi des lanceurs d’alerte dont vous n’entendrez jamais parler»

Il y a aussi des lanceurs dalerte dont vous n’entendrez jamais parler. Pourtant, ils sont aussi pour beaucoup dans le journalisme local d’investigation que nous menons. Ce sont eux qui, conscients de l’immoralité ou l’illégalité de certaines pratiques, contactent des journalistes. Des sources dont nous préservons évidemment l’anonymat. Et qui ont, par exemple, permis d’expliquer, après vérification de chaque fait, de chaque accusation, certaines dérives dans la gestion de certaines institutions ici.

Vous lirez aujourd’hui dans nos pages comment le Centre sportif de Malley, profitant d’un statut public-privé un peu flou, sert de pompe à subventions pour le Lausanne Hockey Club. Un système pour le moins opaque qui permet au club de hockey du chef-lieu - dont le loyer de la patinoire est déjà quatre fois inférieur à celui que paiera Fribourg-Gottéron pour sa nouvelle enceinte - de bénéficier de tout un tas de petits et grands avantages financiers offerts avec de l’argent public. L’enquête de Camille Krafft s’est souvent heurtée à l’argument que le LHC, et par ricochet le CSM, seraient des organismes protégés par le «secret des affaires». La loi sur l’information et la transparence doit évidemment s’étendre à toutes les structures dont le budget de fonctionnement puise ses ressources dans nos impôts. Ce principe posé, nous aurons peut-être moins besoin de lanceurs d’alerte.