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Peinture murale éphémèreL’herbier d’Anaëlle Clot oxygène l’édicule de Rumine

La Vaudoise est la deuxième artiste invitée à laisser courir son imagination sur les murs de l’ancien arrêt de bus lausannois. Une architecture qui la fait penser à un champignon et qui l’a inspirée.

«J’ai très vite vu un lien fort entre les formes de cet édicule, on dirait un petit champignon, et mon travail très organique et végétal», confie Anaëlle Clot.
«J’ai très vite vu un lien fort entre les formes de cet édicule, on dirait un petit champignon, et mon travail très organique et végétal», confie Anaëlle Clot.
Odile Meylan

Sur le vieux banc de l’édicule de Rumine, au numéro 55 de l’avenue du même nom à Lausanne, une fleur desséchée. Abandonnée. Anaëlle Clot rigole: «C’est peut-être un clin d’œil.» Ou peut-être l’oubli d’un visiteur passé voir l’herbier que l’artiste vient de peindre dans cet ancien arrêt de bus. Des feuilles, des fleurs… sauf qu’on dirait des chimères! Les plantes avancent sur leurs pattes griffues, les grelots s’enfilent autour de leur liane, aussi clinquants qu’un lustre de verroterie vénitienne.

Il y a encore ces formes ondoyantes, dansantes, flanquées de pattes arachnéennes ou tentaculaires. On dirait une symphonie verte, c’est aussi un déferlement gentiment invasif. Rien de sauvage, donc, dans la démarche d’Anaëlle Clot. La Vaudoise qui vit et travaille à Assens a reçu de la Direction du logement, de l’environnement et de l’architecture les clés des murs… à peindre. On pourrait aussi dire des murs à… repeindre.

«Je vis très bien avec l’idée de l’éphémère, elle est dans l’air du temps, non?»

Anaëlle Clot, artiste

En 2018, Dahflo était la première à se voir confier la salubrité artistique de cet espace, l’un des 29 édicules affectés par la Ville à une activité culturelle, culinaire, commerciale ou récréative. Tous les deux ans, les panneaux de bois recouvrant les murs inscrits à l’inventaire sont repeints, c’est la règle. La loi de l’éphémère. Elle ne gêne pas Anaëlle Clot. «Je vis très bien avec cette idée, elle est dans l’air du temps, non? Par contre, ce qui m’importe c’est de cultiver la capacité qu’on a de s’émerveiller.»

Mission réussie, la municipale Natacha Litzistorf sort enchantée de sa rencontre avec le monde imaginaire de l’artiste. «L’éphémère, ici, ne rime pas avec une logique consumériste. Il renforce le sentiment qu’on doit s’imprégner des choses parce qu’elles ne durent pas toujours.»

L’artiste a travaillé in situ avec de la peinture acrylique et du stylo acrylique pendant douze jours. «Comme l’édicule figure à l’inventaire, ses murs ont été recouverts de panneaux en bois et c’est sur ces panneaux qu’on intervient.»
L’artiste a travaillé in situ avec de la peinture acrylique et du stylo acrylique pendant douze jours. «Comme l’édicule figure à l’inventaire, ses murs ont été recouverts de panneaux en bois et c’est sur ces panneaux qu’on intervient.»
Odile Meylan