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AboEnlevée, tabassée et attachée
L’homme qui a séquestré sa voisine de 82 ans avait menacé une autre femme 

L’octogénaire était parvenue à sortir sur le balcon, au 1er étage, puis a tenté de rejoindre son logement (2e depuis la droite) en contournant la cloison par la rambarde.
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«Son médecin nous a expliqué qu’elle devra rester hospitalisée encore au moins six à huit semaines. Elle est souvent confuse et ne dit plus grand-chose, ou alors en parlant au présent de choses anciennes…» L’homme qui s’exprime est l’un des fils d’une octogénaire vivant à La Chaux-de-Fonds (NE). Une femme qui a été séquestrée, rouée de coups et entravée le 3 février dans l’appartement de son voisin de palier, un Suisse de 50 ans souffrant de troubles psychiques. Victime d’une hémorragie cérébrale, elle a dû être héliportée en urgence à l’Hôpital de l’Ile, à Berne, où elle a passé plusieurs jours avant d’être transférée dans un établissement de son canton. «Elle dit qu’elle est comme morte, persuadée qu’elle ne va jamais pouvoir se remettre sur pied», se désole le Chaux-de-Fonnier.

«Notre mère nous a dit qu’elle préférait prendre le risque de perdre la vie en tombant du balcon plutôt que de mourir à petit feu sous les coups de ce voisin qu’elle ne connaissait pas.»

L’un des fils de la victime 

Ce 3 février, vers 15 h, la vieille dame quitte l’appartement qu’elle partage avec son mari de 87 ans, absent au moment des faits. «Je l’attendais dans ma voiture pour l’emmener faire des achats, reprend son fils. D’habitude elle me rejoint directement sur les places de parc devant l’immeuble ou elle sort sur le balcon pour me dire qu’elle arrive.» Comme elle n’apparaît pas, il l’appelle au téléphone, en vain. «Je me suis rendu dans l’appartement, qui était fermé à clé, et il n’y avait personne. J’ai ensuite cherché ma mère jusque dans la buanderie et à la cave, en pensant qu’elle avait peut-être eu un malaise. Comme elle ne se trouvait pas non plus dans les autres étages, j’ai appelé la police.»

Alors que les gendarmes menaient une enquête de voisinage, les deux autres fils de la victime et son mari se mettent à sa recherche. «Après de multiples tentatives d’appel, je me suis rendu compte que son téléphone sonnait faiblement dans la rue, poursuit-il. Il était dans un tas de neige, à une dizaine de mètres de la façade sud de l’immeuble.» C’est-à-dire du côté où vivent ses parents et leurs deux voisins de palier. Vers 18 h, alors que la nuit tombe, la femme apparaît au balcon de l’un d’eux, en sang.

La victime ensanglantée avait profité d’un appel passé dans une autre pièce par son ravisseur pour installer une chaise contre la paroi la séparant de sa terrasse, et enjamber la barrière. Ses fils ont pu la réceptionner in extremis.

«Elle a installé une chaise contre la cloison séparant les deux terrasses pour tenter de la contourner par le côté, en enjambant la rambarde, détaille le fils. Quand ma nièce a vu sa tête dépasser, elle a crié: «Voilà la grand-mère!» Mes frères et moi avons couru pour lui permettre de passer de l’autre côté de la paroi, sans quoi elle serait tombée du 1er étage, sur le béton. Elle nous a dit qu’elle préférait prendre le risque de perdre la vie en tombant plutôt que de mourir à petit feu sous les coups de ce voisin qu’elle ne connaissait pas.»

Portant des marques de coups au visage, les yeux tuméfiés, la victime a brièvement témoigné de ses deux heures et demie terrifiantes. Alors qu’elle attendait l’ascenseur pour rejoindre son fils, son voisin serait brusquement sorti de son appartement tout en laissant la porte ouverte. Après qu’ils s’étaient mutuellement salués, l’homme se serait rapproché d’elle pour l’attraper. «Comme elle s’est mise à crier, il lui a mis la main sur la bouche, et l’aurait ensuite prise par la tête ou les cheveux pour l’emmener chez lui», reprend son fils.

Couteau sous la gorge

Une fois retourné chez lui avec sa victime, le ravisseur aurait commencé par vider son sac à main. «Peut-être pensait-il y trouver davantage d’argent que ce qu’il y avait dans son porte-monnaie. Il l’a tabassée sur tout le corps à coups de pied et de casserole. Ma mère nous a dit qu’il l’a ensuite menacée en plaçant un couteau puis des ciseaux sous sa gorge. Et qu’il l’a ensuite attachée au sol avec l’écharpe qu’elle portait, après avoir essuyé le sang qui avait coulé.» L’octogénaire serait parvenue à se libérer au moment où son agresseur s’est isolé dans une pièce pour répondre au téléphone: «Elle s’est dépêchée de lever les stores qui donnent sur le balcon.»

Le forcené n’en était pas à son coup d’essai. En 2021, peu après l’inauguration de cet immeuble conçu pour les seniors et les personnes en situation de handicap physique, il avait brandi un couteau devant la porte d’une autre voisine de l’étage. Ce précédent nous a été confirmé par l’intéressée. «On ne comprend pas comment il a pu rester dans cet appartement malgré ce précédent», soupire le Chaux-de-Fonnier. Contactée, la police cantonale ne souhaite pas faire de commentaire en cours d’enquête.