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Un marché déséquilibréLidl lance un nouveau label de chocolat équitable

Le discounter allemand propose un chocolat «superéquitable». Mais les prix du cacao restent bas.

Les fèves de cacao sont encore peu payées aux producteurs.
Les fèves de cacao sont encore peu payées aux producteurs.
OLIVIER ALLENSPACH-A/24 HEURES

Lidl l’annonce avec fierté: il lance un chocolat «superéquitable» sous un nouveau label, Way To Go. Le chocolat utilisé pour ce label vient de la coopérative Kuapa Kokoo, qui regroupe des exploitations durables au Ghana. Les producteurs, selon Lidl, reçoivent la prime Max Havelaar, le grand label équitable, mais aussi une prime Lidl investie dans deux projets de développement soutenant les petits producteurs. «Le chocolat Way To Go contribue ainsi efficacement à compléter la rémunération des producteurs de cacao pour leur assurer un revenu décent, tout en préservant l’environnement», affirme Lidl.

Si l’initiative est tout à fait louable, on s’interroge quand même sur le prix exact payé au producteur lui-même. Les tablettes Way To Go de 180 grammes sont au prix de 2 fr. 29 dans leurs quatre versions. Jeudi, le cours du cacao sur le marché mondial était de 2365 dollars la tonne (2157 fr.). Le prix garanti par Max Havelaar à ses 200’000 producteurs dans 22 pays est de 2400 dollars la tonne, après avoir été relevé de 20% en octobre 2019, soit à peine au-dessus du marché actuel. Mais le label verse aussi une prime de 240 dollars aux coopératives qui sont labellisées chez elle, charge à elles de répartir cette somme selon la décision des coopérateurs. Une manière de faire critiquée par l’organisation Public Eye, qui craint que la corruption prlidl way to goésente dans certains pays détourne cette prime de son objectif.

Des coûts élevés

L’autre critique émise contre les labels équitables tient aux coûts de certification. Selon la coopérative suisso-péruvienne Choba Choba, dont les producteurs sont aussi actionnaires, ils se montent à 3000 à 4000 dollars. Il faut donc une certaine surface pour les rentabiliser. Reste qu’ils améliorent quand même un tout petit peu les revenus des agriculteurs, qui vivent en dessous du seuil de pauvreté hors label. La Côte d’Ivoire, par exemple, estime qu’un cacaoculteur gagne 1 dollar par jour.