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InformatiqueL’industrie de la confiance avance dans la vallée de la cybersécurité

La seconde volée de start-up dédiées à la sécurité numérique achève son passage à l’accélérateur de la Trust Valley.

Au Y-Parc, les Yverdonnois Mark Vincent et Frederic Mauger ont fondé Sysmosoft en 2009. Les ventes de leur logiciel de signatures numériques sécurisées ont bondi pendant la crise.
Au Y-Parc, les Yverdonnois Mark Vincent et Frederic Mauger ont fondé Sysmosoft en 2009. Les ventes de leur logiciel de signatures numériques sécurisées ont bondi pendant la crise.
Vanessa Cardoso

La sécurité numérique est au cœur de lactualité. La semaine dernière, la 3e édition des Swiss Cyber Security Days réunissait, en ligne, plus de 1800 spécialistes et conférenciers. Des hautes écoles aux entreprises, en passant par Interpol et larmée suisse, la question devient de plus en plus présente alors que la numérisation de la société sest vue accélérée par la pandémie de coronavirus. À la fin du mois se clôturera la deuxième saison de laccélérateur Tech4Trust, destiné à soutenir les jeunes entreprises qui se lancent dans ce domaine.

La démarche est menée sous légide de la Trust Valley, cette initiative lémanique associant les Cantons de Vaud et de Genève, universités et entreprises. Lobjectif est de créer des synergies entre tous ces acteurs dans la cybersécurité, plaçant larc lémanique sur la carte des régions qui comptent en la matière. Lan dernier, le géant Microsoft faisait partie des partenaires présentés dans la mise en place de cette «vallée de la confiance». Un géant qui vient justement de subir une vaste attaque sur ses serveurs Exchange. Et les Suisses ont montré dans les urnes leur méfiance face à la création dune identité numérique.

Un tournant pour le numérique

«Dans le monde virtuel, la confiance nest pas facile à gagner. Cela fait trente ans quinternet se développe de façon anarchique et on se trouve aujourdhui à un tournant où la sécurité doit se développer. Ce quon demande aujourdhui aux entreprises qui démarrent, cest de faire les choses parfaitement dès le départ.» À la tête de la Trust Valley, Lennig Pedron compte bien faire de ce réseau une place centrale pour que se développe la confiance dans lindustrie numérique.

Et on part de loin, estime-t-elle: «Même les particuliers ne sont pas encore assez conscients des problèmes de sécurité. Pourtant, dans la vraie vie, ils ne se promènent pas dans la rue avec une liasse de billets à la main. Cela doit être pareil en ligne.» Pour cette spécialiste, la menace actuelle est de voir que lintelligence artificielle se développe chez les pirates informatiques également. Limage du hacker artisanal semble bien avoir franchi le cap de léchelon industriel.

Alors que faire pour les start-up en plein développement? «Les 27 start-up sélectionnées ont pu bénéficier dateliers sur différents thèmes comme le marketing, la négociation ou encore la levée de fonds, indique Lennig Pedron. Mais elles ont surtout bénéficié déchanges directs entre ses membres, des mentors et des coaches. Ces échanges de connaissances permettent de gagner du temps et, quelques mois de gagnés, cest essentiel à la conquête dun marché.» Un classement sera établi, avec un prix récompensant le podium. Mais pour la directrice de Tech4Trust, lessentiel est davoir pu bénéficier de ce programme daccélération de cinq mois et du réseau qui laccompagne.

Yverdonnois à la conquête du monde

À Yverdon-les-Bains, le parc scientifique et technologique fait partie des lieux que regroupe la Trust Valley. Cest dans lincubateur dY-Parc quest née la société Sysmosoft. Cet éditeur de logiciel est spécialisé dans la signature électronique. Elle est un exemple de ce que peut apporter ce type de structure, où elle commence à se sentir à létroit. Cest que lannée écoulée a vu bondir la marche de ses affaires. «La Trust Valley, cela donne une visibilité, un réseau que lon navait pas à lépoque, témoignent les deux fondateurs, Frédéric Mauger et Mark Vincent. Mais ce nest pas parce quune start-up rejoint laccélérateur Tech4Trust quelle va automatiquement réussir.»

Presque quarantenaires, les deux ingénieurs font partie des anciens en regard des jeunes pousses du jour. Leur entreprise, fondée en 2009, atteint aujourdhui un stade qui pourrait bien la voir senvoler. Ils ont développé, au cours de leurs études à Yverdon, un système de sécurisation des communications entre médecins et patients. Le projet a séduit une banque privée, qui en voulait pour les échanges entre les gestionnaires de fortunes et leurs clients. «À lépoque, cétait novateur, dit Mark Vincent. Imaginez que WhatsApp a introduit le cryptage des conversations il y a trois ans seulement.»

«Ce que l’on développe en Europe va servir de modèle et s’exporter dans le monde, et pour nous, le futur est à l’échelle internationale.»

Frédéric Mauger, cofondateur de Sysmosoft

Une première levée de fonds avait réuni 3 millions de francs en 2013 pour le développement de Sysmosoft. Mais son modèle actuel sest profilé en 2016, lorsque lEurope puis la Suisse ont introduit leur réglementation sur la signature électronique, qui est désormais aussi légale quune signature manuscrite au bas dun document. Les affaires semblaient florissantes pour lentreprise, déjà rentable en 2018. Et la crise du Covid a encore accéléré les choses. Les clients affluent du monde entier. «Ces réglementations sont innovantes, dit Frédéric Mauger. On est en train de construire, ici, des compétences uniques au monde.» Il cite en exemple un client potentiel en Tunisie, pays dépourvu de loi dédiée aux signatures électroniques. «Ce que lon développe en Europe va servir de modèle et sexporter dans le monde, et pour nous, le futur est à léchelle internationale.»

1 commentaire
    H. Giot

    "on ne se balade pas une liasse de billets à la main " !? On a bien sa carte de crédit dans sa poche !!!

    Sur internet non plus , on ne publie pas son compte en banque , mais il faut souligner que les protocoles internet sont vulnérables à toutes les couches ( 7 couches OSI) et c'est bien l'origine des problèmes ... en plus des OS mal fagotés laissant des applications pirates s'exécutées ...

    Il faut donc revoir la sécurité à tous les niveaux de manière à éviter la gabegie actuelle !