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ÉditorialL’intimité du cabinet de psy face aux juges

Le Tribunal correctionnel de Lausanne rendra un jugement, en janvier 2021, dans une affaire complexe et délicate d’accusation de viol. Complexe car elle s’écarte de la vision populairement répandue de l’agression physique et de l’usage de la force brute.

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Dans ce procès qui mène une procureure à ne pas se contenter d’un «abus de la détresse» dans ses déterminations, mais à parler d’un viol, le drame se joue chronologiquement après la thérapie. Juste après pour une des patientes, trois ans plus tard pour la plaignante qui témoigne dans «24 heures». Il serait donc tentant d’en conclure, comme l’a affirmé la commission de déontologie de la Société vaudoise de médecine, qu’il n’y a pas «d’entorse stricte».

«Le thérapeute, pour elle, c’était la «bouée de sauvetage», même «un dieu.»

Mais c’est là qu’intervient la délicatesse de cette affaire. Le lieu des actes incriminés est le cabinet du psychiatre. Plus précisément: le canapé ou le divan de consultation avec tout ce qu’il représente de charge symbolique, affective et émotionnelle. L’ancienne patiente qui s’exprime dans «24 heures» ne cache rien de la confusion des sentiments et des émotions qui l’envahissait. C’est bien ce qui l’a amené en psychothérapie et son trouble fait en outre l’objet d’un diagnostic connu. Le thérapeute, pour elle, c’était la «bouée de sauvetage», même «un dieu».

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Or il appartient au thérapeute confronté à une telle situation de conserver une distance professionnelle et de poser des limites. La plaignante a entendu dire: «On peut tomber amoureux ou même se marier avec une patiente.» Il est en effet probable qu’une telle situation puisse survenir. Elle n’est acceptable que si le consentement et le bien-être sont mutuels. Cela n’est manifestement pas le cas dans le contexte du prochain procès vu le malaise exprimé.

Il reste à savoir si les faits sont pénalement répréhensibles. La justice s’était déjà posée la question au sujet du psychiatre prévenu, sans répondre car les faits étaient prescrits. Cette fois, elle devra se prononcer.

1 commentaire
    Amour et paix

    Rien d'étonnant, le plus logique serait que ce soit le psy sur le fauteuil et la patiente qui l'écoute car comlebtisait Fernand Raynaud, pendant ce temps là nuit... je dors.. Si il devait être reconnu coupable il ne devrait excercer, ou sur Mars peut-être..