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BiologieL’invasion des aliens se poursuit, révèle une étude

Pas moins de 2500 nouvelles espèces exotiques devraient faire leur apparition en Europe, selon des chercheurs. Leur nombre devrait augmenter de 36% d’ici 2050.

Les aliens sont des espèces végétales et animales exotiques qui arrivent chez nous via les transports internationaux. A l’image de l’écrivisse rouge de Louisiane.
Les aliens sont des espèces végétales et animales exotiques qui arrivent chez nous via les transports internationaux. A l’image de l’écrivisse rouge de Louisiane.
Keystone

Le nombre d’espèces exotiques devrait augmenter de 36% d’ici au milieu du 21e siècle à l’échelle mondiale. Les scientifiques prévoient même un bond de 64% en Europe, soit pas moins de 2500 nouvelles espèces exotiques.

La conclusion est posée par une équipe de recherche internationale, comprenant le professeur Sven Bacher de l’Université de Fribourg et qui vient de la publier dans la revue Global Change Biology. «Les aliens circulent partout dans le monde», écrivent notamment les chercheurs. «Mais, contrairement aux films de science-fiction, ils n’ont pas débarqué d’une soucoupe volante, mais sont arrivés par bateau, par avion ou par camion». Pour rappel, la planète comptait déjà plus de 35’000 aliens il y a quinze ans, selon un communiqué publié jeudi.

Il s’agit d’espèces végétales et animales exotiques que les spécialistes appellent également «alien species». Avec la mondialisation, ces espèces sont de plus en plus nombreuses à conquérir de nouveaux habitats en dehors de leur région d’origine.

Europe très concernée

Les scientifiques ont développé un modèle informatique basé sur les observations des dernières décennies pour prédire le nombre des nouvelles espèces d’ici à 2050. Ainsi, il y aura en moyenne 36% de plantes et d’animaux exotiques de plus qu’en 2005, dans le monde», déclare Sven Bacher, cité dans le communiqué.

Avec sa prévision, l’équipe de recherche internationale explore un terrain inconnu. Les précédentes études sur la propagation des espèces exotiques ne portaient en effet que sur certaines catégories d’organismes ou sur certains pays.

De grandes disparités régionales existent toutefois. Les plus fortes hausses devraient concerner l’Europe, relève le communiqué. Ici, selon les projections, le nombre d’espèces exotiques devrait augmenter de 64% au milieu du siècle.

Les autres «hotspots» sont les régions tempérées d’Asie, d’Amérique du Nord et d’Amérique du Sud. Selon les scientifiques, l’Australie devrait enregistrer la plus faible augmentation relative des espèces exotiques.

Aucun nouveau mammifère

En chiffres absolus, les scientifiques prévoient l’arrivée en Europe de quelque 2500 nouvelles espèces exotiques. Les nouveaux arrivants sont pour la plupart de petite taille, comme les insectes, les mollusques et les crustacés.

«Il ne faut pas s’attendre à de nouveaux mammifères exotiques, tels que le raton laveur qui s’est déjà implanté», note le premier auteur de l’étude, Hanno Seebens, du Senckenberg Biodiversität- und Klima-Forschungszentrum, à Francfort-sur-le-Main.

Les calculs montrent également que l’invasion de nouvelles espèces prend de l’ampleur chez certaines catégories d’animaux. Les arthropodes et les oiseaux semblent notamment arriver plus vite dans de nouvelles zones que précédemment.

Les mammifères et les poissons ralentiront en revanche leur conquête de nouveaux habitats. La situation est aussi différente en Europe, où les «alien species» vont se multiplier, toutes espèces végétales et animales confondues, à l’exception des mammifères.

L’invasion d’espèces exotiques ne devrait pas connaître de revirement. Nombre d’entre-elles profitent de l’essor du commerce et des transports internationaux pour migrer vers leurs nouveaux habitats. Seules l’instauration et l’application rigoureuse de réglementations plus strictes sont à même d’endiguer le déferlement.

ATS/NXP