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ExclusifLionel Girardin bientôt devant les juges

À l’issue de l’enquête sur le municipal veveysan suspendu, «les soupçons de culpabilité sont suffisants pour que l’accusation soit engagée devant un tribunal», estime le Ministère public.

Lionel Girardin, qui présidait depuis 2011 la Fondation Apollo (venant en aide aux mal-logés), aurait dû exercer sa fonction de président à titre bénévole.
Lionel Girardin, qui présidait depuis 2011 la Fondation Apollo (venant en aide aux mal-logés), aurait dû exercer sa fonction de président à titre bénévole.
LAURENT CROTTET

«Les soupçons de culpabilité sont suffisants pour que l’accusation soit engagée devant un tribunal.» Voici l’affirmation du procureur Christian Buffat, qui a terminé l’enquête sur l’affaire Girardin. Le municipal veveysan, suspendu de ses fonctions d'élu depuis juin 2018 et de son affiliation au PS depuis septembre 2018, ne bénéficiera pas d’un classement mais devra bien répondre de ses actes devant un juge.

Pour quelles infractions? L’accusation de gestion déloyale d’intérêts publics, relayée jusqu’à présent, s’est-elle étoffée d’autres éléments? Le Ministère public n’en dira pas davantage à ce stade.

«Pour se faire une idée d’une situation comme celle-là, il faut également en comprendre le fonctionnement et la confronter à d’autres pratiques commerciales»

Christian Buffat, procureur

À la nouvelle que l’enquête est close, beaucoup de Veveysans pousseront très certainement des ouf de soulagement. En effet, nombreux sont ceux qui auraient espéré que la procédure soit bouclée plus rapidement. Impossible, évidemment, dans des questions de criminalité financière, au vu de la quantité d’écritures comptables à scruter et de la complexité des analyses à mener. «De plus, pour se faire une idée d’une situation comme celle-là, il faut également en comprendre le fonctionnement et la confronter à d’autres pratiques commerciales», détaille le procureur Buffat.

Pour mémoire, Lionel Girardin, qui présidait depuis 2011 la Fondation Apollo (venant en aide aux mal-logés), aurait dû exercer sa fonction de président à titre bénévole. Depuis février 2016, il était interdit que la fondation engage des membres du conseil de fondation ainsi que leurs proches. C’est pourtant la société de Lionel Girardin (Opération Project) et la femme de l’élu qui s’occupaient de la gestion administrative du personnel d’Apollo et d’activités de coworking (bureaux partagés). De plus, son frère gérait l’informatique.

Dans son audition de juillet 2018, Lionel Girardin a estimé à 241’000 francs les revenus qu’il a tirés de son activité de président. Son tarif aurait été de 180 francs de l’heure. Son avocat soulignait à l’époque que tout cela correspondait à un travail effectué et justifié, connu des autres membres du conseil de fondation.

Avant mars 2021 ?

Qu’en pense le Ministère public? De pareils tarifs correspondent-ils aux prix du marché dans un secteur social? Quel usage a été fait des subventions à Apollo (qui ont sextuplé entre 2011 et 2018, passant de 150’000 francs à 923’000 francs)? Voici une infime partie des questions auxquelles les citoyens attendent des réponses au procès.

Quand aura-t-il lieu? Si le procureur entend remettre son acte d’accusation d’ici à fin octobre, impossible de savoir quand le tribunal pourra s’en saisir. Pour la démocratie et les citoyens veveysans, un jugement avant les élections communales de mars 2021 serait plus que bienvenu.