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Premier roman de Stephen King«Carrie» souffle 50 bougies

Stephen King en 1975, déjà glorieux.
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Le 5 avril 1974, la littérature américaine est ébranlée par la parution d’un petit roman fantastique sanglant. Son auteur, un illustre inconnu, fauché, père de deux enfants, vit dans un taudis de l’État du Maine. Vaguement prof à l’université, il passe ses journées à travailler dans une blanchisserie pour joindre les deux bouts. Après avoir envoyé plus d’une centaine de nouvelles à des magazines pendant des années, sans succès, un de ses manuscrits est acheté par une boîte d’édition pour la modique somme de 2500 $. Ce livre s’intitule «Carrie», et son auteur, Stephen King.

«Carrie» est l’histoire d’une jeune femme de 16 ans, timide et discrète, qui pendant sa courte vie a toujours été persécutée, rejetée et mal aimée par les enfants de son âge. Sa mère, une fanatique religieuse, lui inflige le même traitement. Les moqueries montent en puissance et quelque chose se brise dans la tête de la pauvre Carrie. Elle commence à développer des dons de télékinésie et entame sa vengeance. S’ensuit un bal de promo sanglant qui laisse une trace indélébile dans l’histoire du roman fantastique, et bientôt, dans celle du cinéma.

Un trésor dans la poubelle

King écrit tout d’abord un premier jet de l’histoire et l’envoie à un magazine qui rejette sa demande. Dégoûté, il jette le manuscrit à la poubelle. Sa femme Tabitha retrouve le texte, y discerne un certain potentiel et le pousse à la développer.

La suite, on la connaît. Immense succès et une adaptation au cinéma par Brian De Palma. Le rêve américain continue. Pour finir, l’écrivain empochera trois millions de dollars avec «Carrie». Une somme inimaginable pour l’auteur qui jusque-là était rémunéré 6400 dollars… par année.

Une enfance compliquée

Désormais, Stephen King vivra de son écriture. Il puisera très souvent dans ses souvenirs d’enfance et les confrontera aux écrits de ses maîtres: H. P. Lovecraft et Shirley Jackson. Biberonné aux films de monstres, passionné par les histoires morbides, King écrit depuis son plus jeune âge. L’Amérique de sa jeunesse n’est pas celle d’«American Graffiti» ou de «Retour vers le futur». L’extrême pauvreté qui touche le nord-est du pays semble plutôt sortir d’un roman de Dickens. Les enfants vont à l’école pieds nus, ils ne mangent pas à leur faim, ils ont les dents noires.

Mère fauchée

Le petit Stephen est élevé dans cet univers par une mère célibataire fauchée comme les blés. Quelques années auparavant, son père est parti acheter des cigarettes. Il n’est jamais revenu.

Après plus de 80 romans, recueils, et des adaptations à n’en plus finir, l’auteur le plus bankable des États-Unis a définitivement pris sa revanche sur son enfance difficile.