Littérature romandeQuand l’histoire d’amour avec le Japon tourne au drame
Dans son premier roman «Amours sismiques», Florence Marville raconte le destin d’une expatriée française qui épouse un Japonais.

- Un roman édité à Lausanne aborde les divorces difficiles au Japon.
- Emeline perd le contact avec son enfant après un divorce.
- La loi japonaise favorise le parent demandant le divorce en premier.
- L’histoire explore l’amour, la culture et l’identité dans un couple mixte.
Hasard du calendrier, un roman édité en Suisse romande évoquant l’extrême dureté des conditions de divorce au Japon sort à peine quelques semaines après «Une part manquante», film français sur le même sujet. Dans le long métrage de Guillaume Senez, Romain Duris incarne un chauffeur de taxi français à Tokyo qui cherche sa fille. Dans «Amours sismiques», c’est une femme, Emeline, qui se voit privée du jour au lendemain de toute possibilité de contact avec son enfant, son mari japonais ayant demandé le divorce. Or, au Japon, celui qui fait la demande de séparatio en premier obtient la garde. Cette loi rigide et d’un autre temps pénalise tous les couples qui se séparent dans le pays, et entre 150’000 et 200’000 enfants seraient concernés chaque année. Mais pour les étrangers, c’est pire: outrepasser l’interdiction de contact avec sa progéniture peut être sanctionné par l’expulsion.
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Dans le premier roman de Florence Marville, c’est un point de vue féminin qui s’offre à la lecture, pour évoquer non seulement le divorce, mais plus largement la différence culturelle au sein des couples mixtes. On suit Emeline dans sa soif de découvrir ce pays qui la fascine. L’amour est le cadet de ses soucis, mais un coup de foudre avec un Japonais va changer ses plans. Lorsque survient le tremblement de terre de Kobe en 1995, le couple part aider bénévolement les premiers secours. Emeline croit alors qu’elle pourra tout surmonter. Même un mariage avec ce fils aîné d’une famille japonaise, qui doit, selon la tradition, vivre chez ses parents avec femme et enfants, et reprendre le commerce familial.

Cependant, la cohabitation est difficile, avec une belle-mère qui rabroue Emeline à la moindre occasion, par exemple pour son incapacité à cuire le riz dans les règles de l’art… qu’elle n’a jamais apprises. En effet, Emeline a le grand tort de ne pas être japonaise. Même avec son mari, le malentendu sur la différence culturelle est permanent. Il commence avant même le mariage, lorsqu’il lui propose d’aller dans un «love hotel», seul endroit d’intimité pour la jeunesse tokyoïte, et mènera au divorce. Emeline pourra heureusement compter sur le soutien indéfectible de son amie, et d’un allié inattendu.
Florence Marville est fascinée par ce pays dans lequel elle a vécu, et où elle-même a été en couple avec un homme japonais. Davantage que son histoire cependant, c’est une mosaïque d’expériences de femmes, mariées ou divorcées, avec ou sans enfants, qu’elle fond dans le destin d’Emeline, explorant à la fois leur regard sur ce pays et la perte d’identité pour répondre aux attentes de l’autre. Des frémissements de la rencontre au dépassement d’une solitude qui n’épargne pas non plus les personnages japonais, elle peint un Japon contrasté dans le regard d’une femme forte et libre.
«Amours sismiques», Florence Marville, Éd. Favre, 278 p.
Florence Marville sera en dédicaces ve 31 janvier à 18h30 chez Payot Yverdon.
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