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Livre d’art Le papier découpé, au-delà des poyas en noir et blanc

Le découpage contemporain laisse la place à l’abstrait et aux couleurs, comme sur «Le chêne» d’Ernst Oppliger.
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Lorsque les Éditions Favre l’ont contactée pour réaliser un livre sur cet art du papier découpé qu’elle connaît si bien, Monique Buri a eu une pensée pour certaines questions maintes fois entendues. Le papier découpé n’est-il pas seulement en noir et blanc? Je croyais que le découpage se concentrait sur des scènes d’alpage. Le vrai découpage n’est-il pas celui de l’école des pères fondateurs Louis Saugy et Jean-Jacques Hauswirth?

Louis Saugy, l’un des pères fondateurs du découpage traditionnel.

Pour la nouvelle présidente de l’Association suisse du papier découpé, par ailleurs compagne d’un découpeur, l’occasion était belle de faire d’une pierre deux coups: rappeler les origines ancestrales et les précurseurs d’une pratique dont le Pays-d’Enhaut, le Saanenland et le Simmental sont des berceaux majeurs, tout en esquissant la richesse de ses interprétations modernes.

«Un moyen d’expression»

«Les codes ont évolué au fil du temps, insiste la théologienne de formation et habitante de Rossinière. Le découpage est un moyen d’expression parmi d’autres, qui exploite le non-figuratif, la caricature, la couleur, etc. C’est très varié. J’ai donc volontairement choisi de montrer des artistes suisses qui faisaient autre chose que de la poya.»

Scène de vie contemporaine avec un marathon de ski dans l’Engadine, par Krystyna Diethelm, en couleur qui plus est.

Des natures mortes, des scènes de nature, des mains croisées, un concert de quartier sur fond de gratte-ciel, un éléphant ou encore un énigmatique marionnettiste: son ouvrage livre autant de réflexions contemporaines à mille lieues des chefs-d’œuvre classiques tels que ceux conservés et exposés au Musée du Pays-d’Enhaut et Centre suisse du papier découpé, à Château-d’Œx. Les Ernst Oppliger, Bruno Weber, Werner Gunterswiler, Gaby Studer ou Eva Erni ont su s’affranchir des codes au moment de jouer du cutter ou des ciseaux.

D’autant que nos facilités de déplacement et de communication abolissent les frontières au royaume du découpage. «On note des approches différentes selon les pays, mais aussi des points communs étonnants. Comment expliquer certaines synchronicités entre des découpeurs damounais et hollandais, par exemple? Est-ce grâce aux réseaux sociaux? Mystère.»

Le figuratif laisse parfois place à une lecture beaucoup plus imagée et moins conventionnelle, comme ce «marionnettiste» de Werner Gunterswiler (détail).

Pour ancrer un peu plus encore le découpage dans le XXIe siècle s’ajoute la réflexion sur l’intelligence artificielle. L’Association suisse du papier découpé réfléchit en effet à la création d’un label distinguant les œuvres réalisées entièrement de manière artisanale et celles créées avec les nouvelles technologies.

Plus d’infos: «Papier découpé», Monique Buri, Éd. Favre, 168 p., 2024. Prix: 48 francs, au Musée du Pays-d’Enhaut ou dans les librairies. www.editions favre.com/livres/papier-découpé/