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Tourisme de masse
L’Oberland bernois est victime de son succès

Touristenaufmarsch in Lauterbrunnen. Zusammen mit dem Durchgangsverkehr gibt dies eine enge Angelegenheit.
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Dans la région de Berne, le nombre de touristes augmente avec les beaux jours, que ce soit pour contempler la Tour de l’Horloge à Berne, ou encore pour admirer le panorama exceptionnel depuis le Harder Kulm, au-dessus d'Interlaken. L'été dernier, les chiffres ont battu tous les records. Sur l'ensemble de l'année, la capitale suisse a enregistré un million de nuitées, du jamais vu. Interlaken et ses environs ont même dépassé les 2 millions. Et ce, pour une population d'environ 20'000 habitants.

La pandémie? Pour de nombreux professionnels du tourisme, cela ne ressemble plus qu'à un lointain souvenir.

La croissance devrait se poursuivre. Dans les hauts lieux touristiques de l'Oberland, on peut s'attendre à une progression du nombre de visiteurs en été dans les prochaines années, selon les experts. Mais une pointe de désenchantement se fait sentir. La saison s’allonge et la lassitude de la population à l'égard des vacanciers, car les phases de repos font défaut, se fait vive. Les détracteurs face à cette évolution sont de plus en plus nombreux.

Et en effet, les critiques contre le tourisme de masse se multiplient sur les réseaux sociaux. On peut y lire que tous ces voyageurs apportent certes de la valeur ajoutée, mais aussi des effets secondaires négatifs. Que ce soit sur le marché du logement, dans les transports ou encore avec des poubelles qui débordent. On parle d'«overtourism».

Generalversammlung der Jungfraubahn AG. Urs Kessler, CEO.

Plusieurs professionnels du tourisme souhaitent néanmoins continuer comme avant. Parmi eux, Urs Kessler, le patron de l'entreprise cotée en Bourse «Jungfraubahnen», le téléphérique 3S ultramoderne qui mène au sommet, veut viser encore plus haut malgré un bénéfice record. Après l'achèvement de la «V-Bahn», le groupe a déjà planifié d’autres grands projets à venir.

Par exemple, la construction du nouveau téléphérique «Firstbahn» ou la rénovation du refuge de montagne sur le Jungfraujoch. La ligne directrice est claire: il faut attirer encore plus de monde dans la région au cours de l'année. Les touristes chinois devraient également revenir. Ils arrivent souvent en car. Ils étaient encore moins nombreux cette année qu'en 2019.

Cinq à 10 francs pour un pass journalier

Un vent contraire vient de la commune de Lauterbrunnen. Un paysage pittoresque avec une jolie cascade et un village de montagne composé d’une multitude de chalets aurait servi d'inspiration à l'auteur du «Seigneur des anneaux», J. R. R. Tolkien. Il n'est donc pas étonnant que les hôtes affluent en masse.

Revers de la médaille. Rues encombrées, poubelles débordantes, habitants et habitantes stressés.

Le Conseil municipal a maintenant mis en place un groupe de travail pour relever les défis de premier ordre. Celui-ci a élaboré un plan d’actions à mettre en marche rapidement. Le président de la commune, Karl Näpflin, mise sur une application informative sur les smartphones des touristes. «Il s'agirait notamment d'un passeport pour la vallée que les excursionnistes vendront à la journée», explique-t-il.

Une mesure drastique pourrait y être incluse. Les visiteurs arrivant en voiture devront à l'avenir payer une entrée, entre 5 et 10 francs. Comme ce fut le cas récemment à Venise. Le Tyrol du Sud prend le même chemin. «Les touristes qui ont réservé un séjour, une nuitée, une excursion, ou qui arrivent en transports publics, seraient exemptés de cette taxe», ajoute-t-il.

Les hôtes devraient acheter un ticket sur leur smartphone pour visiter la vallée et des contrôles aléatoires seraient effectués sur place. Ce nouveau régime ne devrait toutefois pas encore s'appliquer cet été. Le projet est à l’étude.

Touristenaufmarsch in Lauterbrunnen. Zusammen mit dem Durchgangsverkehr gibt dies eine enge Angelegenheit.

Cela ne résout pas le problème de fond. «Nous devons être honnêtes. 90% des mesures sont symptomatiques», explique le président de la commune.

Jusqu’où sommes-nous prêts à aller?

«Le tourisme devrait être admis dans toute la Suisse», déclare Monika Bandi Tanner, directrice du Centre de recherche sur le tourisme à l’Université de Berne.

Le nombre élevé d’hôtes est essentiel pour les remontées mécaniques et les hébergements, même si l'ensemble du système peut être mis à rude épreuve. «La différence de culture notoire avec les voyages de groupe en provenance des marchés lointains constitue un défi à relever», explique la spécialiste.

Asiatische Touristen beim Bahnhof Interlaken West.

Bandi Tanner n'a aucun doute sur le fait que ces touristes venus de loin seront toujours plus nombreux. «Tant que le monde continuera de prospérer, le tourisme fleurira», confie-t-elle.

Les posts, semblables à des cartes postales, des innombrables visiteurs sur les réseaux sociaux devraient aussi y contribuer. Que ce soit depuis la célèbre passerelle d'Iseltwald au bord du lac de Brienz ou dans la plaine du Bödeli à Interlaken. «La question n'est pas de savoir combien de personnes viennent, mais combien l’industrie du tourisme peut absorber», indique l'experte.

Touristen und Touristinnen beim Bootssteg in Iseltwald. 

Wegen einer Koreanischen Netflix-Serie (Crash Landing on You) hat sich der Tourismus in Iseltwald extrem veraendert. 
Viele kommen mit Reisecars in das kleine Dorf um den Bootssteg am Brienzersee zu besuchen, welcher im Film vorkommt. 

Die Gemeinde hat nun ein Drehkreuz installiert. Wer auf den Steg will muss beazahlen.

© Franziska Rothenbuehler | TAMEDIA AG

Le changement climatique devrait à long terme rendre les Alpes encore plus attractives en été, selon Bandi Tanner. À long terme, la saison pourrait s'étendre jusqu'en octobre, voire novembre. «Sur le Plateau, en revanche, plus de 40 jours de chaleur ou 50 nuits tropicales devraient être la norme à l'avenir.» Dans toutes les régions, les rivières et les lacs jouent un rôle de plus en plus important dans ce contexte de réchauffement climatique.

Berne et ses environs

La ville de Berne a une stratégie très différente de celle de nombreuses destinations de l'Oberland. «Bern Welcome» mise depuis longtemps sur les marchés intérieur suisse et proches, comme l'Allemagne, l'Italie ou la France. L'organisation, sorte d’office du tourisme bernois qui appartient en partie à la ville, se charge non seulement du marketing de la capitale, mais aussi de celui des régions de Oberaargau, Emmental, Gantrisch et Laupen. Elle ne fait pas de publicité sur les marchés lointains comme l'Asie.

Cette stratégie lui a d'ailleurs déjà valu des critiques, certains hôteliers craignant qu'il ne suffise pas de parier sur les viviers de proximité.

Mais à Berne aussi, la plupart des hôtes ne restent que peu de temps. 1,7 nuit en moyenne. Trop peu, selon la cheffe de «Bern Welcome», Manuela Angst. «L'objectif est d'augmenter la durée de séjour.» Par exemple en proposant des tours en vélo électrique afin de découvrir les environs proches et plus lointains. De plus, à Berne, beaucoup de touristes ne viennent pas des pays voisins. Ainsi, en 2023, les Américains représentaient environ 7,5% des nuitées, ce qui fait d'eux le groupe étranger le plus important derrière les vacanciers et vacancières allemands.

Manuela Angst, Chefin Bern Welcome, am 23.04.2024 in Bern. Foto: Raphael Moser / Tamedia AG

La stratégie de la ville de Berne, souvent critiquée, peut-elle être un modèle pour l'Oberland?

Probablement pas, car contrairement à l'Oberland, la ville de Berne est moins dépendante du tourisme. Dans les régions de Gstaad et de la Jungfrau, la part du tourisme dans la valeur ajoutée de l'économie globale est d'environ un tiers. En outre, la majorité des visiteurs de la capitale ont un motif professionnel, par exemple en raison des sessions au parlement ou de congrès.

Quel avenir?

Quelle est donc la bonne stratégie à adopter pour le futur du tourisme estival? Du point de vue de Bandi Tanner, il s'agit de se concentrer sur la clientèle en tant qu’individu, qui, potentiellement, peut rester longtemps dans la région. En été, on dépense moins, alors des offres telles que l'excursion «First» sont primordiales. Numériser les promenades au moyen de codes QR permettrait sûrement de rendre les sentiers de randonnée plus attractifs. Il faut aussi avoir des propositions alléchantes en termes de restauration.

On espère disposer bientôt de chiffres sur les flux touristiques, explicite Marc Unterer, directeur de «Jungfrau Region Tourismus AG». «Il nous manque des données récentes ou des interfaces, par exemple avec Google.»

Si suffisamment d'informations étaient disponibles en direct, il serait possible de suggérer des alternatives ciblées lorsqu'un lieu à forte affluence est saturé. Mais il est persuadé que cela pourrait être réalisé à moyen terme, avec une urgence des problèmes accrue et un monitoring commun des données clientèle regroupées.

La direction à prendre reste donc incertaine. Aux dernières nouvelles, on irait plutôt vers «plus d'hôtes encore». Ainsi, une étude est en cours afin d'examiner la faisabilité d'un téléphérique panoramique entre Adelboden-Lenk et Crans-Montana, afin de relier les deux régions touristiques de l'Oberland bernois et du Valais. La protection de l’environnement s'y oppose. Et les locaux?

Touristenaufmarsch in Lauterbrunnen. Zusammen mit dem Durchgangsverkehr gibt dies eine enge Angelegenheit. Im Hintergrund der Staubbach.
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