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ÉditorialL’occasion manquée de marquer le coup

Ils sont nombreux les Veveysans qui disent rêver de faire table rase des élus en place à force de voir leur ville faire sourire dans toute la Suisse romande après deux ans et demi de scandales ultramédiatisés. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les quatre candidats en lice ont tous fait du changement et du renouveau la clé de voûte de leur programme.

Dans les faits toutefois, cette consternation générale pourrait presque paraître feinte à en juger par les 30% de participation à l’élection complémentaire de ce dimanche pour remplacer le municipal PLR Étienne Rivier. Ce chiffre n’a rien d’inhabituel, diront certains à juste titre, mais on pouvait s’attendre franchement à mieux compte tenu du ras-le-bol et autres noms d’oiseaux qui volent depuis des mois. Si c’est le droit légitime d’une population d’exprimer sa défiance envers ses autorités dans une démocratie, cela devient un devoir de l’exprimer en glissant un bulletin dans l’urne, en l’occurrence dans la boîte aux lettres, Covid oblige.

«Le candidat du camp bourgeois, donc du statu quo, a su tirer son épingle du jeu en arrivant en tête. Cela n’avait a priori rien d’évident»

Il n’est pas question ici de donner une quelconque couleur politique au changement en question. Mais bouder l’exercice en prétextant son «ras-le-bol de ces guignols» ou renvoyer son vote à l’échéance des élections générales de 2021 pour vraiment faire le ménage, est-ce vraiment sérieux? Tout cela laisse surtout une impression de critique facile (devant son écran d’ordinateur notamment) sans assumer. On crie au scandale et puis quoi? Partant, les 123 bulletins blancs (près de 3% du nombre de votants, soit plus que le score du quatrième et moins bien noté ce dimanche) ont une plus grande valeur que son équivalent d’abstentions.

Il faut relire ou réécouter la virulence et la violence des attaques à l’encontre de ces cinq élus de 2016, certes protagonistes d’une crise politique sans précédent avec, notamment, trois suspensions à la clé en six mois. Les médias et journalistes – dont votre serviteur – s’en sont, du reste, largement fait l’écho. Il aurait été de bon ton que ces coups de gueule collectifs se traduisent par un acte citoyen massif. Le 12 juillet lors du deuxième tour?