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Soutien publicL’offre de livraison lancée par Yverdon pour aider les restos crée des remous

Avantageux pour les enseignes et pour les clients, le service paraît cependant difficilement réalisable pour un professionnel de la branche.

JEAN-PAUL GUINNARD

Alors que la Ville d’Yverdon vient d’octroyer les premières aides issues de son fonds de secours doté de 500’000 francs, la Municipalité cible avec une nouvelle mesure d’aide les restaurateurs. Elle leur met à disposition un service de livraison gratuit de repas, et encourage la population à le solliciter en participant à hauteur de 10 francs pour chaque plat commandé. Cette action «assiettes solidaires» est lancée dès le 15 janvier et jusqu’au 27 février, les jeudis, vendredis et samedis soir, annonce encore l’Exécutif dans un communiqué. Les restaurateurs intéressés peuvent s’annoncer auprès du délégué à l’économie, Guillaume Abetel.

Fantastique? Pas selon l’entreprise Rest’à la Maison, qui livre les gourmands depuis plus de trois ans. «Je ne veux pas polémiquer, insiste Jorge Teixeira, patron de la société yverdonnoise. La situation est complexe et je ne voudrais pas être à la place des élus. Cependant, on n’improvise pas un tel service en quelques jours.»

«C’est un pansement sur une jambe de bois, cela ne compensera pas les loyers et la masse salariale.»

Jorge Teixeira, patron de Rest’à la Maison.

Le jeune entrepreneur est mitigé mais ne craint absolument pas «une concurrence déloyale». Pour lui, ce service est surtout une «pseudo-aide qui ne doit pas faire oublier les vrais problèmes»: «C’est un pansement sur une jambe de bois, cela ne compensera pas les loyers et la masse salariale.» Il reprend: «Je souhaite beaucoup de courage à la Ville pour que son projet fonctionne et j’espère sincèrement que cela pourra aider des gens. Toutefois, cela nous a pris du temps pour fidéliser notre clientèle et je vois mal comment ils vont faire. Cela dit, j’apporte volontiers mon aide.»

Jorge Teixeira, patron de Rest’à la Maison.
Jorge Teixeira, patron de Rest’à la Maison.

Questionné sur la question de la concurrence, Jean-Daniel Carrard, syndic d’Yverdon, estime qu’il devrait y avoir de la place pour tout le monde. Sur la centaine de restaurateurs yverdonnois, «beaucoup ne sont pas sur cette plateforme»: «Je n’exclus toutefois aucun type de collaboration.» Pour l’édile, l’objectif de l’opération est avant tout d’assurer aux restaurateurs un certain volume de commandes sur trois soirées de la semaine et de leur donner du courage.

Il en faudra beaucoup, rebondit Barbara Rao, patronne du restaurant L’Impro et cofondatrice du mouvement Afterworkless. «On remercie la Ville d’essayer de trouver des solutions et tout soutien est bon à prendre. Mais on a maintenant besoin des aides cantonales et fédérales. Après presque six mois de fermeture, il faut des dédommagements suffisants et moins de paperasse.» Le syndic, lui, est conscient que cette nouvelle forme de soutien n’est pas suffisante. «Nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne et chacun doit jouer son rôle, lâche Jean-Daniel Carrard. Nous continuons de nous creuser la tête pour agir positivement à notre niveau.»

1 commentaire
    Laurent Roquier

    Titre raccoleur et article biaisé. Cette offre est très bien accueillie par les restaurateurs et la population. Ceux qui ne veulent pas n'ont qu'a pas y adhérer. Cette article ne rapporte que les avis négatifs, plutôt minoritaires, et ne reflète pas l'avis général.