L'ombre de Trump plane sur le salon de Detroit
Les relations compliquées entre le président élu et les constructeurs seront au cœur du Detroit Auto Show.

Le 29e salon de l'automobile de Detroit s'ouvre lundi dans un climat orageux pour les constructeurs, provoqués par les tweets ravageurs de Donald Trump. Le futur président des Etats-Unis a remporté une victoire politique cette semaine lorsque Ford a renoncé à délocaliser l'une de ses usines au Mexique.
Le républicain, qui a fait campagne en 2016 en promettant de défendre le «Made in America», a mis en joue General Motors (GM) et Toyota ces derniers jours sur Twitter, les menaçant de «grosses taxes frontalières» pour les véhicules construits au Mexique.
Trump pas si influent
Alan Baum, un expert de l'industrie automobile à Detroit, dans le Michigan, relativise l'impact de Donald Trump dans la décision de Ford: «Ford a réalisé qu'elle n'arriverait pas à remplir l'usine qu'elle entendait construire pour son modèle Focus au Mexique car la demande pour les voitures compactes baisse aux Etats-Unis et dans le reste du monde», explique le président de Baum et Associates. «Le constructeur s'est rendu compte qu'il pouvait construire la Focus dans l'une de ses deux autres usines au Mexique, et économiser. Quant à la décision de produire les voitures électriques dans le Michigan au lieu de le faire au Mexique, elle est logique car ces véhicules demandent beaucoup de savoir-faire, et la proximité avec le siège du groupe à Dearborn est clé.»
Pour Alan Baum, GM et Toyota n'ont pas grand-chose à craindre du futur président dans l'immédiat. «GM va construire la Chevrolet Cruze et Toyota produira la Corolla au Mexique, poursuit-il. Ces véhicules compacts sont plutôt destinés au marché mondial qu'aux Etats-Unis.»
Matt DeLorenzo, analyste chez Kelley Blue Book en Californie, acquiesce: «Les déclarations de Trump n'ont pas incité GM à faire marche arrière sur le Mexique, c'est une décision économique.»
GM s'apprête à renvoyer ce mois 1200 ouvriers d'une de ses usines de l'Ohio construisant des Chevrolet Cruze car la demande en voitures compactes diminue. Le groupe de Detroit précise que 2% des Chevrolet Cruze vendues aux Etats-Unis en 2016 proviennent du Mexique.
Stocks vendus au rabais
De son côté, le gouvernement japonais a défendu Toyota hier en affirmant que le constructeur était un «citoyen important» du monde des affaires aux Etats-Unis.
Il ne sera pas que question de Donald Trump à Detroit la semaine prochaine. La future voiture autonome sera l'une des stars du salon qui a attiré 300 exposants. Les regards se tourneront notamment vers Google, qui travaille sur la voiture de demain par le biais de sa filiale Waymo. Mais Matt DeLorenzo tempère les attentes en matière de véhicules du futur. «Les premières voitures autonomes ne sortiront pas avant une dizaine d'années sur le marché», souligne l'analyste. «D'ici là, quelque 150 millions de véhicules conventionnels auront été vendus.» Dans ce contexte, plusieurs nouveaux modèles sont attendus à Detroit, selon Matt DeLorenzo: la Chevrolet Traverse, la Toyota Camry et la nouvelle Honda Odyssey.
L'année 2016 a été une année record aux Etats-Unis avec 17,5 millions de voitures vendues. «Il y a eu de nombreux rabais pour écouler les stocks en 2016», conclut Matt DeLorenzo. «Il faudra voir si le marché poursuivra sur cette voie en 2017 ou si les constructeurs vont réduire leur production.»
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