AboL’open de ses rêvesUn simulateur de golf le propulse au tournoi de Crans-Montana
Qualifié à l’Omega European Masters grâce à deux manches disputées sur un tapis ultraconnecté, le Genevois Benjamin Purshouse concrétise un rêve.

Bien loin de la foule venue célébrer les stars Matt Fitzpatrick, Matt Wallace et Nicolaï Hojgaard, Benjamin Purshouse suit son bonhomme de chemin en toute discrétion. Ceux qui l’encouragent sont davantage des fins connaisseurs du sport que des VIP invités sur le Haut-Plateau. «Nous sommes membre du club de golf dans lequel il travaille, à Zurich», explique un couple venu en soutien.
Ni professionnel, ni espoir invité par Swiss Golf, le Genevois de 29 ans n’aurait a priori rien à faire sur les greens lors de l’Omega European Masters. Il a toutefois décroché sa qualification à la force de ses bras. Le golfeur a d’abord assuré de bonnes performances sur simulateur avant de confirmer sur le parcours de Severiano Ballesteros mardi. De quoi lui permettre de jouer aux côtés de l’élite européenne jeudi et vendredi en tout cas. S’il venait à passer le cut, il gagnerait deux jours de plus parmi eux. «Mon rêve était de pouvoir jouer ce tournoi un jour», affirme-t-il, sourire aux lèvres.
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Ce n’est pas la première fois que ce passionné de golf tente de s’inviter dans la liste des participants. Jusque-là, il n’avait jamais obtenu la tant convoitée wild card. C’est donc cette année, la troisième et dernière de sa formation de professeur de golf, qu’il a décroché le graal.
De quoi apaiser un peu son esprit au terme de derniers mois très corsés. Son instructeur Bruno Griss est décédé en février passé. «C’était un homme formidable», souffle le golfeur, ému. Formidable et efficace. Benjamin Purshouse et son unique collègue ont dès lors dû gérer à eux deux le quotidien de leur club, à Zurich. «Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour mon jeu.»
«Quand on est sur le vrai terrain, on dépend énormément de nos yeux et du ressenti que l’on a autour du green.»
Habitué des simulateurs et malheureux lors de sa seule autre opportunité – le Mémorial Olivier Barras –, le Genevois a trouvé en un tournoi e-sport la solution parfaite. Il en a appris l’existence via des amis qui y avaient pris part l’an dernier. Ni une, ni deux, il s’est inscrit pour cette seconde édition. «J’ai saisi ma chance», se réjouit-il encore, avant de préciser: «Il y a de très bons joueurs qui ont échoué sur simulateur. Des joueurs probablement meilleurs que moi sur les vrais parcours.»
La pratique du golf n’y est pas la même. «Il y a des choses plus faciles, et d’autres bien plus difficiles, reconnaît encore l’enseignant. Déjà, on est au chaud. Il n’y a pas de vent, et l’on joue toujours à plat.»
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L’absence de vent et de relief rend le jeu long bien moins compliqué. Le jeu court, lui, requiert une autre approche. «Quand on est sur le vrai terrain, on dépend énormément de nos yeux et du ressenti que l’on a autour du green.» Il prend en exemple le rough ou le bunker, ces surfaces qui deviennent difficiles à appréhender dans le monde virtuel.
Au lieu de sentir la texture sableuse se dérober sous ses pieds, le golfeur s’efforce de s’adapter au terrain sur le même carré d’herbe plat du simulateur. De là à parler de deux sports différents? «Le parcours est très bien simulé, c’est un bon entraînement pour cette semaine», répond le sportif.
Rattrapé par la réalité
Benjamin Purshouse préfère la réalité du terrain à celle de la machine. Il aime arpenter le parcours, effectuer quelques pas pour mimer un coup avant d’aller se placer devant la balle. Il apprécie aussi la brise fraîche du Haut-Plateau, la même qui l’a forcé à mettre un bonnet pour la manche finale de sa qualification, mardi.

Deux jours plus tard, voilà que le Genevois évolue chez les grands. S’il a participé à de nombreux tournois jusqu’à sa retraite en 2019, il évoluait dans la troisième division européenne. Il n’avait donc jamais pris part à une compétition du DP World Tour. «Je suis hypercontent de mettre la balle sur le tee, lance-t-il. Le reste, ce n’est que du bonus.»
Pour ses proches aussi, le voir évoluer à ce niveau sonne comme un rêve un peu fou. Devant le mythique trou numéro 7, celui derrière lequel la vallée et les montagnes forment une toile de maître, il a la mine concentrée. «Je vais prendre une photo», chuchote la dame du couple venu le voir, avant de sortir son natel. Pour immortaliser une scène que leur professeur de golf chérira toute sa vie.
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