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Marché pétrolierPertes abyssales pour Shell, Total et Eni

Shell accuse une perte nette de 18,1 milliards de dollars au 2e trimestre tandis que Total accuse une perte de 8,4 milliards, la première depuis 2015. L’Italien Eni lui note 4,4 milliards de pertes.

Le marché pétrolier a fortement souffert de la pandémie de coronavirus.
Le marché pétrolier a fortement souffert de la pandémie de coronavirus.
KEYSTONE

Le géant des hydrocarbures Royal Dutch Shell a annoncé jeudi une perte nette abyssale de 18,1 milliards de dollars au deuxième trimestre, du fait d’énormes dépréciations d’actifs reflétant un marché pétrolier déprimé par la pandémie.

Le groupe anglo-néerlandais, qui avait dégagé un bénéfice net de 3 milliards de dollars un an plus tôt, explique dans un communiqué avoir passé dans ses comptes trimestriels une charge de 16,8 milliards de dollars, dont il avait déjà dévoilé l’ampleur fin juin. Shell, comme son concurrent BP, a choisi de passer cette énorme dépréciation sur un seul trimestre pour l’heure, quitte à publier une perte monstre.

Au premier trimestre, Royal Dutch Shell était déjà tombé dans le rouge à cause du plongeon des cours du brut, ce qui l’avait conduit à réduire son dividende pour la première fois depuis les années 1940. Sur le deuxième trimestre, sa production a reculé de 6% à 3,4 millions de barils équivalent pétrole par jour.

Pour le troisième trimestre, le groupe s’attend à une baisse de sa production, notamment en raison des mesures prises par l’Opep et il prévoit encore un impact négatif de la faible demande pour le pétrole et le gaz.

Grosses pertes aussi pour Total

Total a enregistré au deuxième trimestre sa première perte nette depuis 2015, plombé par de lourdes dépréciations annoncées la veille ainsi que par la chute des cours du brut et des marges de raffinage. La perte nette atteint 8,4 milliards de dollars, contre un bénéfice de 2,8 milliards un an plus tôt, a annoncé le géant pétrolier et gazier français jeudi dans un communiqué. La dernière perte nette trimestrielle remontait à la fin 2015.

Ce résultat inclut de lourdes dépréciations d’actifs pour 8,1 milliards de dollars déjà annoncées mercredi soir. Cette réévaluation comptable, motivée par la déprime des cours mais aussi la dynamique de la transition énergétique, porte pour l’essentiel sur les sables bitumineux au Canada. Le bénéfice ajusté, qui exclut notamment les effets comptables liés à la valorisation des stocks et les éléments exceptionnels, a pour sa part atteint 130 millions de dollars au deuxième trimestre, soit une chute de 96%.

«Au cours du deuxième trimestre, le groupe fait face à des circonstances tout à fait exceptionnelles: la crise sanitaire du Covid-19 qui affecte l’économie mondiale et la crise des marchés pétroliers avec un prix du Brent en très forte baisse à 30 dollars du baril en moyenne, des prix du gaz historiquement faibles et des marges de raffinage très dégradées compte tenu de la chute de la demande», a commenté le PDG Patrick Pouyanné, cité dans un communiqué.

Perte nette de 4,4 milliards pour Eni

Le géant italien des hydrocarbures Eni a enregistré lui aussi une perte nette abyssale de 4,4 milliards d'euros au deuxième trimestre du fait d’énormes dépréciations d’actifs dans un marché pétrolier durement affecté par l’épidémie de coronavirus.

Cette perte, annoncée jeudi, est un peu moins importante qu’attendu. Selon le consensus du fournisseur d’informations financières Factset Estimates, les analystes tablaient sur -4,8 milliards d'euros, contre un bénéfice net de 424 millions un an plus tôt.

AFP/NXP