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CoronavirusL’UE rouvre ses frontières à 15 pays mais exclut les États-Unis

Les États membres de l’Union européenne ont voté ce mardi sur une liste de pays considérés comme suffisamment sûrs pour que leurs ressortissants puissent à nouveau voyager sur le Vieux Continent.

La liste inclut également la Chine, mais uniquement à condition qu’elle admette sur son sol les visiteurs venant de l’UE, ce qui n’est actuellement le cas que de façon limitée.
La liste inclut également la Chine, mais uniquement à condition qu’elle admette sur son sol les visiteurs venant de l’UE, ce qui n’est actuellement le cas que de façon limitée.
KEYSTONE

Les pays de l'UE ont convenu de rouvrir les frontières de l'Union et de l'espace Schengen à partir de mercredi aux voyageurs d'une liste de 15 pays, qui comprend la Chine sous condition. Les Etats-Unis sont pour l'heure exclus de cette liste.

Cette liste de pays dont la situation épidémiologique liée à la maladie Covid-19 est jugée suffisamment sûre pour la reprise des voyages, doit être actualisée toutes les deux semaines, selon un communiqué officiel publié mardi.

Elle compte également l'Algérie, l'Australie, le Canada, la Géorgie, le Japon, le Monténégro, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda, la Serbie, la Corée du Sud, la Thaïlande, la Tunisie et l'Uruguay.

Vote repoussé à deux reprises

L’heure limite de vote avait été repoussée à deux reprises, dans l’attente de la réponse de la Suède, selon des sources diplomatiques européennes.

La liste inclut également la Chine, mais uniquement à condition qu’elle admette sur son sol les visiteurs venant de l’UE, ce qui n’est actuellement le cas que de façon limitée.

États-Unis

Sont en revanche exclus de cette liste, qui a vocation à être actualisée toutes les deux semaines, les États-Unis, pays le plus touché au monde par la pandémie, avec 125’928 décès pour près de 2,6 millions de cas répertoriés. N’y figurent pas non plus le Brésil, la Russie, l’Inde, la Turquie et Israël notamment.

Bien qu’ayant quitté l’UE le 31 janvier, le Royaume-Uni n’était pas concerné par les restrictions de voyage.

Pour que la liste soit entérinée, il faut qu’elle soit approuvée par 55% des États membres, représentant au moins 65% de la population totale de l’UE, ce qui devrait être le cas, selon des sources européennes.

Les voyages «non essentiels» vers l’Europe ont été interdits depuis la mi-mars, afin de lutter contre la propagation de la pandémie.

Le vote porte sur une recommandation qui n’est pas contraignante juridiquement, les pays de l’UE étant souverains sur le contrôle de leurs frontières. Mais ils sont d’accord pour se coordonner en raison de la liberté de circulation au sein de l’espace Schengen, où les restrictions décidées pour lutter contre la pandémie ont été peu à peu levées.

«Partielle et progressive»

Prise entre des impératifs sanitaires et le souci de faire redémarrer une économie frappée par la crise en favorisant le tourisme, l’UE a convenu d’autoriser à nouveau les voyageurs de pays tiers à partir du 1er juillet, mais de façon «partielle et progressive».

L’élaboration de la liste a été une entreprise ardue, en raison de ses implications économiques et diplomatiques. Certains États membres mettaient en cause la fiabilité des données fournies par des pays tiers, comme la Chine.

Et les Européens étaient plus ou moins pressés de lever les restrictions. Très dépendante du tourisme, la Grèce a pour sa part commencé dès le 15 juin à rouvrir ses aéroports à plusieurs pays hors UE, dont la Chine, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud.

Les Européens privilégient les visiteurs venus de pays dont la situation épidémiologique est semblable à celle de l’UE, où la pandémie a reflué, voire meilleure. Le taux de nouveaux cas de Covid-19 ne doit pas excéder 16 pour 100’000 habitants (moyenne dans l’UE) sur les 14 derniers jours.

Autres critères, une tendance à la stabilité ou à la baisse des nouveaux cas, ainsi que les mesures mises en place par le pays tiers pour lutter contre la pandémie, dont la pratique de tests.

La situation de la pandémie des États-Unis prive donc le Vieux Continent des touristes américains qui viennent en nombre chaque année: en France, ils étaient 5 millions en 2019. En Italie, touchée de plein fouet par la pandémie, leur absence cet été se traduira par une perte de 1,8 milliard d'euros, selon le principal syndicat agricole, la Coldiretti.

Alors que l’entrée aux États-Unis est interdite aux voyageurs venant de la plupart des pays européens depuis le 13 mars, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dit espérer une solution «dans les prochaines semaines» pour la reprise des échanges, estimant qu’il était «important pour les États-Unis que les Européens puissent revenir», et réciproquement.

(AFP/NXP)