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ÉditorialLufthansa doit croire en Swiss

Les temps sont durs pour les travailleurs du transport aérien. La question n’est plus seulement de voler plus propre, mais de pouvoir embarquer des passagers. Dans un premier temps, le président du directoire de Swiss, Thomas Klühr, estimait que l’entreprise s’en tirerait avec un millier de postes de travail supprimés, sur 9500. Sans licenciement et sur deux ans! Mais un tel plan de dégraissage paraît trop optimiste.

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Une chose est sûre: la dimension de la casse sociale chez Swiss dépend avant tout d’une éventuelle reprise de la demande dans les long-courriers, d’ici au printemps prochain, selon Thomas Klühr lui-même. Aujourd’hui, il apparaît justement que l’horaire d’hiver ne commencera le 25 octobre qu’avec 16 des 24 vols au long cours de la principale compagnie helvétique. C’est un joli score dans le contexte actuel, s’il se confirme. Mais il ne saurait dissiper toutes les craintes. Le groupe Lufthansa vient d’attribuer une douzaine de destinations de Swiss à d’autres filiales.

Le transporteur doit néanmoins rester vaillant. Ses performances des trois dernières années parlent pour lui. Surtout que l’affaiblissement du transport aérien a commencé bien avant la pandémie de coronavirus. Le poids de l’opinion publique et des syndicats d’outre-Rhin n’atténuera pas le dynamisme du marché suisse.

Les économies d’échelle sur quelques vols, délégués temporairement à des concurrents internes, ne justifieront pas des sacrifices inconsidérés au détriment de la principale compagnie helvétique et de son personnel. La pertinence de réduire les frais ne doit en effet pas nuire trop longtemps aux atouts commerciaux d’une entreprise. Ces derniers seront mieux assurés en étant développés sur le marché helvétique par Swiss que par une filiale moins coûteuse du groupe Lufthansa.

2 commentaires
    Corey

    Il aurait été interessant dans l'article d'examiner la situation sous un angle plus objectif (et non pas défendre Swiss quoi qu'il arrive). Celle que nous considérons encore comme notre compagnie nationale (bien qu'elle ne le soit plus) est-elle si exempte de reproches dans sa gestion de la clientèle?...