L’UNIL en ébullition Comment le campus se prépare à l’arrivée d’Emmanuel Macron
Reportage à l’Amphimax de l’Université de Lausanne à vingt-quatre heures de la rencontre entre Emmanuel Macron et Alain Berset devant 1400 personnes.

«On a rencontré tous les problèmes que connaissent les gros festivals: des serveurs saturés et des billets écoulés en trois minutes, puis des tentatives de revente au marché noir. Il sera pourtant totalement impossible d’entrer avec un billet ne correspondant pas à sa carte d’identité.»
À vingt-quatre heures de l’arrivée du président français, Emmanuel Marcon, et du président de la Confédération, Alain Berset, le responsable des événements à l’Université de Lausanne, Cédric Garrofé, n’en est pas moins enthousiaste. «Ça va être excellent pour l’image de l’UNIL!»

Mercredi à midi, les préparatifs pour cette conférence-débat sur le thème de l’Europe allaient donc bon train dans la salle de l’Amphimax, où s’installeront jeudi 1400 personnes: principalement des étudiants et professeurs de l’UNIL et de l’EPFL voisine. Réglages de la sono et des différentes projections sur écrans géants, dernières retouches des éléments de décor, et autres coordinations entre les différents responsables et intervenants. Mais sans stress.
Délai très court
«C’est quelque chose que nous savons faire», rappelle le responsable en évoquant l’accueil de la présidente de la République de l’Inde en 2011 ou celui du dalaï-lama deux ans plus tard. Heureusement d’ailleurs, car la confirmation de la venue des deux présidents n’est tombée que le 1er novembre, ne laissant que quinze petits jours pour tout mettre en place.
À deux pas, les étudiants dînaient d’ailleurs dans leur cafétéria comme si de rien n’était, certains tentant tout de même de jeter un œil par la porte de la salle par curiosité. «L’événement aura un impact limité sur la vie du site, explique la porte-parole de l’UNIL, Géraldine Falbriard. L’accès sera progressivement réduit dès mercredi après-midi et le bâtiment sera complètement dédié à l’événement jeudi. Aucun cours n’y sera donné et les collaborateurs non impliqués dans l’organisation effectueront leurs tâches en télétravail.»

Ouverture et dialogue
Alors que des tracts et des messages appelant à manifester ont circulé ces derniers jours sur le campus – certains estimant, entre autres, que la position du président Macron est trop favorable à Israël –, Cédric Garrofé souligne plusieurs fois durant la visite la volonté de dialogue des deux présidents: «Ils souhaitent vraiment échanger avec les étudiants!»
Emmanuel Marcon et Alain Berset arriveront dans la salle à 11 h. Ils s’exprimeront durant trente minutes, avant une partie questions-réponses de la même durée. Au minimum. Car ils seront libres de prolonger. «Nous avons prévu des sondages sur les smartphones et il sera possible pour l’assistance de poser des questions, via smartphone ou même au micro», précise Cédric Garrofé.
«Nous sommes dans une université où règne la liberté d’expression et nous souhaitons que cet événement soit le plus démocratique possible. Si une personne se lève et crie, nous gérerons en fonction de la situation.»
La possibilité que quelqu’un «dérape» est donc acceptée. «Nous sommes dans une université où règne la liberté d’expression. Nous souhaitons que cet événement soit le plus démocratique possible. Si une personne se lève et crie, nous gérerons. Nous sommes prêts. Mais nous nous attendons à ce que tout se passe bien.»
La gestion d’une telle situation reviendrait, en partie, à l’animateur et ex-rédacteur en chef du «Temps» Stéphane Benoit-Godet. «Ça fait partie du jeu: nous sommes dans la maison de la connaissance et du débat, les gens doivent pouvoir poser des questions! Je pense surtout qu’il sera très intéressant d’observer ces deux «animaux» politiques et que les étudiants qui ont la chance d’avoir pu obtenir une place se souviendront toute leur vie de cette journée.»
Dispositif de sécurité secret
Il n’en reste pas moins qu’un important dispositif de sécurité sera déployé dans le bâtiment et ses alentours. Les invités ont été prévenus: ils ne couperont pas au contrôle d’identité, au portail de sécurité, ni aux fouilles. Les équipes de l’UNIL ont également envisagé la possibilité d’attaques informatiques. «Nous avons pris en compte la possibilité que le réseau soit perdu, révèle Cédric Garrofé. C’est pourquoi l’intégralité de l’événement sera enregistrée sur disque dur!»
Tout l’aspect sécurité sera coordonné par la police fédérale, avec l’appui des polices cantonales bernoises, vaudoises et genevoises. «Le président de la République française […] jouissant d’une protection en vertu du droit international public, c’est aux autorités du pays hôte qu’incombe la responsabilité de la sécurité de la délégation, rappelle Imane Rekkas, porte-parole de l’Office fédéral de la police, Fedpol. Les mesures de protection prises par les forces de sécurité françaises complètent le dispositif.»
Port d’armes sur demande
Par ailleurs, le personnel de sécurité étranger n’est autorisé à porter des armes en Suisse que s’il dispose d’un permis de port d’armes délivré, sur demande, par Fedpol. Des armes qu’il ne peut, en outre, utiliser qu’en cas de légitime défense. Et la porte-parole de conclure que, pour des raisons tactiques et de sécurité, Fedpol ne fournit pas d’informations détaillées sur les mesures de protection mises en place.
À noter enfin qu’après le campus lausannois, Emmanuel Macron et Alain Berset se rendront au CERN.
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