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À l’assaut de la deuxième vagueL’union de la droite renaît au nom de l’emploi

Un jour avant les annonces du Conseil d’État en faveur de l’économie, le camp bourgeois demande à l’unisson la création d’un fonds de soutien sur le long terme.

Les exploitants de bars, clubs et restaurateurs manifestaient mardi devant le Grand Conseil vaudois pour demander un soutien de l’État.
Les exploitants de bars, clubs et restaurateurs manifestaient mardi devant le Grand Conseil vaudois pour demander un soutien de l’État.
JEAN-BERNARD SIEBER/ARC

La pandémie a recollé les morceaux du centre droit vaudois. Après les divisions de l’an dernier au moment des élections fédérales, les trois partis bourgeois se sont montrés unis ce mercredi matin pour demander une aide économique de longue durée. PLR, UDC et Vert’libéraux ont tenu à lancer un appel vingt-quatre heures avant les annonces du Conseil d’État sur son nouveau plan de soutien à l’économie. Les trois partis demandent la création d’un fonds pérenne alimenté d’une somme de plusieurs centaines de millions. Si le gouvernement ne le propose pas de lui-même ce jeudi, il sera imposé par voie de motion, ont-ils prévenu.

«L’urgence économique s’abat sur notre canton», a entonné Kevin Grangier, président cantonal de l’UDC. Il s’agit de faire tout ce qui est désormais possible pour «préserver les emplois et maintenir des perspectives d’avenir pour les cantons». Or la menace de voir bon nombre d’indépendants et entrepreneurs contraints de se tourner vers l’aide sociale est devenue réelle.

«Pour après-demain»

Au PLR et chez les Vert’libéraux, Marc-Olivier Buffat et Graziella Schaller poursuivent en exigeant un système d’aide «avec des critères précis et des règles de subsidiarité». «Nous ne demandons pas simplement d’ouvrir les vannes de l’argent public», précise le président du PLR. Restaurateurs, cafetiers, traiteurs, acteurs de l’événementiel, acteurs de la culture, caristes, hôteliers, exportateurs. Tels sont, en vrac et de manière non exhaustive, les entrepreneurs qui doivent faire l’objet de mesures d’aides spécifiques sur le long terme. «Les effets de la crise vont durer, poursuit le président. Il faut préfinancer les aides que nous devrons accorder. Le Conseil d’État fera des propositions demain (ndlr: jeudi), mais il faudra en faire aussi pour après-demain.»

Sans le nommer, les partis destinent leur message en particulier au grand argentier Pascal Broulis, accusé par la gauche, mais aussi de plus en plus par la droite, de thésauriser l’argent de l’État: «Vaud dégage des bénéfices au moment de ses comptes, plaide Graziella Schaller. Des écritures de bouclement ont permis de mettre de côté plus de 100 millions. Cette année sera également bénéficiaire.»

«Vaud dégage des bénéfices au moment de ses comptes. Des écritures de bouclement ont permis de mettre de côté plus de 100 millions. Cette année sera également bénéficiaire.»

Graziella Schaller, députée Vert’libérale

Enclenché depuis dix ans, le frein à l’endettement a permis de dégager des réserves fort utiles aujourd’hui, soulignent les trois partis. Cet été pourtant, les socialistes ont développé une motion en vue de rendre possible la suspension temporaire de ce mécanisme. L’idée: permettre à l’État de s’endetter au cas où la crise économique deviendrait trop violente. Pour l’heure, le centre droit vaudois n’entend pas aller jusque-là: «Mon parti est attaché à ce frein à l’endettement, reprend Marc-Olivier Buffat. Le suspendre pourrait générer d’autres catastrophes encore.»

1 commentaire
    guy home tell

    je veux bien être d accord avec les partis de droite, mais il faudra, une fois que ce merdier se sera calmé, commencer à arrêter de privatiser les benefices et mutualiser les dettes mais faire l inverse ou en tous cas avoir une vision plus globale du partage des bénéfices.