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Analyse politique«Macron est devenu malgré lui un symbole d’inégalité»

Alain Duhamel a couvert toutes les élections présidentielles françaises depuis 1965. Très en verve, il publie un essai sur Macron: «Emmanuel le hardi».

Né en 1940, Alain Duhamel est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages et actuellement éditorialiste sur BFM TV.
Né en 1940, Alain Duhamel est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages et actuellement éditorialiste sur BFM TV.
AFP

Macron est pour vous «Emmanuel le hardi». Pourquoi ce surnom?

Sous l’Ancien Régime, on affublait souvent les monarques d’un sobriquet positif ou négatif: Philippe le Bel, Charles le Chauve… Comme on vit avec un monarque républicain sous la Ve République, j’ai eu envie de ressusciter cette tradition. Je voulais que ce surnom tourne autour de l’idée d’audace. Mais fallait-il choisir plutôt le Hardi ou plutôt le Téméraire? Jusqu’au bout, je me suis posé cette question à propos de Macron et je me la pose encore. Sa façon de prendre en main personnellement la crise du Covid m’a fait pencher vers le Hardi. C’est le réflexe de quelqu’un qui, devant l’obstacle, ne cherche pas à l’éviter mais à le franchir. La conception que Macron se fait de son rôle correspond à l’idée que je me fais de la hardiesse. Bien sûr, il se peut que je me sois trompé, que la hardiesse se transforme en témérité et que tout échoue. Après tout, la gestion française du Covid n’est pas une pure réussite. Tant s’en faut.

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