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Carnet noirMafalda perd son créateur, le génial Quino

Le dessinateur argentin s’est éteint à l’âge de 88 ans. Il ne souhaitait pas que quelqu’un reprenne son héroïne.

Quino en 2014, avec quelques uns de ses personnages, dont Mafalda, à sa droite.
Quino en 2014, avec quelques uns de ses personnages, dont Mafalda, à sa droite.
AP

Mafalda est orpheline. Connue mondialement, la petite fille espiègle à la tignasse noire a perdu son créateur, le dessinateur argentin Joaquín Salvador Lavado, plus connu sous le pseudonyme de Quino. Également réputé pour ses dessins de presse, l’homme qu’on surnommait souvent le «Sempé argentin» s’est éteint mercredi à l’âge de 88 ans. Né le 17 juillet 1932, celui qui se décrivait comme un pessimiste conservant l’illusion que son travail pouvait changer les choses avait arrêté prématurément ses études pour se consacrer à sa passion, l’humour dessiné.

De Mafalda, Quino disait volontiers qu’elle ressemblait à «la petite sœur argentine du Petit Nicolas… en plus politisé.» Dans un entretien au «Figaro» en 2004, il avait expliqué les circonstances étranges de sa création. En 1962, une firme d’électroménager lui avait commandé une campagne de publicité, réclamant qu’il combine les célèbres «Peanuts» et la série «Blondie». Quino avait créé une douzaine de strips, mais la pub avait été annulée. Quand le rédacteur en chef de la revue «Primera Plana» lui avait demandé une BD, il avait ressorti Mafalda de ses cartons.

Critique sociale

Graphiquement toute simple – deux points pour les yeux, une petite boule en guise de nez – l’irrespectueuse gamine allait vite déchaîner l’enthousiasme avec ses demandes d’explications sur la condition féminine, la dictature, la surpopulation, la guerre atomique ou encore Fidel Castro.

Bijou de critique sociale, l’effrontée allait devenir l’un des comic strips les plus diffusés sur la planète. Pourtant, Quino n’avait dessiné ses démêlés qu’une dizaine d’années, entre 1964 et 1973. Suffisamment pour marquer des générations entières de lecteurs.

Pas de reprise

Comme Hergé, Quino ne souhaitait pas que quelqu’un reprenne son héroïne. «Mafalda, c’est moi», assurait-il au «Figaro». «Je ne veux pas qu’elle vive de nouvelles aventures après ma mort.» Il faudra se contenter des strips parus. Nombreux et géniaux.

1 commentaire
    Martin Wilde

    On dit que seul les fous et les enfants disent la vérité. Quino a réussi à décrire la cruelle réalité de l’Amerique Latine grâce à Mafalda. Espérons que lew nouvelles générations puissent avoir un autre Quino!