Solidarité et écoute à LausanneMalgré le Covid-19, le pont Bessières aura ses gardiens
Jusqu’au 4 janvier, des bénévoles alimenteront un feu 24 h/24 pour donner un peu de chaleur aux plus démunis.

«Cette année a été particulièrement difficile pour certains. Il fallait donc qu’on soit là, coûte que coûte.» Aline Jaquier et Herbert Stock, les coresponsables du Feu de la Solidarité, ce groupe d’environ 25 bénévoles qui veillera 24 h/24 sur le pont Bessières en soutien aux personnes suicidaires, en deuil ou souffrant de solitude, sont plus déterminés que jamais. Malgré la pandémie, l’organisation a obtenu l’autorisation de s’installer sur l’édifice lausannois ce mercredi matin, comme elle le fait depuis quarante ans maintenant. Elle y restera jusqu’au 4 janvier.
Au vu des circonstances, les organisateurs s’attendent à être beaucoup plus sollicités que d’habitude. Cependant, ils devront faire respecter plusieurs mesures sanitaires contraignantes, Covid-19 oblige. «Nous ne pourrons pas être plus que 5 autour du feu ou dans le petit chalet, explique Aline Jaquier. Comme il y a en permanence deux bénévoles, cela signifie que nous ne pourrons accueillir que trois personnes à la fois.» Par ailleurs, l’équipe devra veiller à la distanciation sociale et au port du masque. «Cela ne va pas être évident. D’autant plus qu’avec Lausanne Lumières, il y a beaucoup d’attroupements. Mais nous allons y arriver.»
Apporter du réconfort
Les membres du Feu de la Solidarité ne pourront pas non plus distribuer des boissons chaudes aux passants. «L’important, c’est qu’on soit là pour écouter ceux qui ont besoin de s’exprimer», reprend la coresponsable, qui précise que le groupe ne se substitue pas aux services d’urgence. «Nous pouvons rediriger les personnes qui ont besoin d’aide. Et comme d’habitude, tout soutien est le bienvenu.»
«Nous savons ce que c’est, les factures qui s’empilent. Mais d’ici à ce que des aides dignes de ce nom arrivent, nous allons nous soutenir.»
D’une simple mandarine à un paquet de saucisses, en passant par quelques francs, presque tous les dons sont acceptés. «Nous ne tolérons toutefois ni l’alcool ni la drogue, même s’il s’agit d’une bonne bouteille de vin», rigole Aline Jaquier. Par ailleurs, celle qui gère le restaurant lausannois Le Tirol – aussi aux côtés d’Herbert Stock – invite ses confrères en difficulté à venir discuter autour du brasero s’ils en ressentent le besoin. «Nous savons ce que c’est, les factures qui s’empilent, soupire-t-elle. Mais d’ici à ce que des aides dignes de ce nom arrivent, nous allons nous soutenir.»
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