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Les nouveaux élus se préparent à la politique

Deux semaines après avoir remporté les législatives haut la main, les militants pro-démocratie doivent maintenant apprendre à maîtriser les arcanes de la politique.

Des militants pro-démocratie ont battu des policiers avec des parapluies dimanche à Hong Kong. (19 janvier 2020)
Des militants pro-démocratie ont battu des policiers avec des parapluies dimanche à Hong Kong. (19 janvier 2020)
AFP
Le directeur de Human Rights Watch Kenneth Roth devait se rendre à Hong Kong pour remettre un rapport sur la défense des droits de l'Homme après des mois de manifestations prodémocratie. Son entrée lui a été refusée. (12 janvier 2020)
Le directeur de Human Rights Watch Kenneth Roth devait se rendre à Hong Kong pour remettre un rapport sur la défense des droits de l'Homme après des mois de manifestations prodémocratie. Son entrée lui a été refusée. (12 janvier 2020)
AFP
Dans la nuit, la police a dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes. (Lundi 01.07.2019)
Dans la nuit, la police a dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes. (Lundi 01.07.2019)
AFP
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Un mois après leur écrasante victoire aux élections locales, les nouveaux élus hongkongais prodémocratie, pour la plupart novices en politique, suivent des cours intensifs pour se préparer à livrer bataille au pouvoir acquis à Pékin au sein même de leurs quartiers.

Le 24 novembre, les candidats prodémocratie ont infligé un sérieux camouflet aux candidats soutenus par la Chine. Les électeurs ont ainsi traduit dans les urnes leur désir de changement, après six mois de manifestations, de plus en plus violentes, contre le gouvernement de la cheffe de l'exécutif Carrie Lam, aligné sur Pékin.

Lors de ce scrutin, le seul dans le territoire se rapprochant le plus de la représentation directe, les candidats pro-démocratie ont raflé la majorité dans 17 des 18 conseils de district.

Novices en politiques

Pourtant, nombre de ces élus reconnaissent ouvertement être des novices en politique, un univers auquel ils n'auraient jamais songé avant que Carrie Lam et Pékin ne campent, pendant des mois, sur leurs positions en dépit de la mobilisation du mouvement pro-démocratie.

«Je pensais que je perdrais. Pour être honnête, je n'ai pas suffisamment d'expérience», reconnaît Chan Tsz-wai, 26 ans, qui a rédigé sa profession de foi à la main.

Cet employé d'épicerie a ravi le siège à une étoile montante du parti l'Alliance démocratique pour l'amélioration des conditions de vie - le parti pro-Pékin le plus important et le plus riche de la mégapole - dans le quartier de Yau Tsim Mong, qui a connu de violents affrontements entre les manifestants et la police.

«Je ferai de mon mieux»

«Nous tâtonnons tous pour traverser la rivière», avoue Richard Chan, 47 ans, directeur d'une entreprise de pompes funèbres, vainqueur de l'élection dans le district de Tai Po, au nord-est de Hong Kong.

Il a récemment suivi des cours intensifs destinés à aider ces nouveaux élus qui prendront leurs fonctions au 1er janvier. Il a notamment appris à faire des budgets à l'équilibre, organiser des réunions publiques ou embaucher des assistants. Les conseils de quartiers sont notamment chargés des horaires de bus, du ramassage des ordures et de la gestion des activités culturelles.

Les élus pro-démocratie entendent tirer profit de leur mandat pour exercer un maximum d'influence. Chan Tsz-wai souhaite ainsi poursuivre la police et les autorités locales pour des faits remontant au 31 août. Cette nuit-là, la police a été filmée en train de frapper des manifestants dans la station de métro Prince Edward, dans le quartier populaire de Mong Kok.

«J'espère que nous allons pouvoir enquêter au niveau du district», a-t-il expliqué, tout en affirmant avoir conscience «que le pouvoir du conseiller de district est très faible». «Mais je ferai de mon mieux», assure-t-il.

Richard Chan constitue actuellement une équipe afin d'étudier un gros projet immobilier conduit par un des plus grands promoteurs de la mégapole.

Hong Kong souffre d'une grave pénurie de logement et le coût de l'immobilier y est exorbitant, un problème qui suscite la colère de la population qui dénonce également les liens étroits entre le pouvoir pro-Pékin et les magnats de l'immobilier.

Mettre fin au «copinage»

«Ce qui a le plus besoin d'être changé, c'est le copinage», selon le directeur de pompes funèbres.

Jocelyn Chau, une ancienne chargée de clientèle au sein d'une banque, s'est fait connaître, il y a quelques mois, en retransmettant en direct son interpellation. A 33 ans, elle a remporté un siège dans le district de North Point, un quartier historiquement pro-Chinois.

Elle désire se concentrer sur les services en faveur des jeunes, une partie de la population qui, selon elle, est souvent négligée par les parties pro-Pékin. La jeunesse hongkongaise a formé le gros des troupes lors des manifestations qui ont débuté en juin.

«Je vais continuer à m'occuper des besoins des personnes âgées tout en octroyant plus de moyens pour répondre aux besoins des jeunes et des familles», assure la nouvelle élue.

Peser davantage

Les Hongkongais ne désignent pas directement le chef de l'exécutif, le plus haut dirigeant du territoire.

L'octroi d'un véritable suffrage universel est au cœur des revendications des manifestants auxquelles Pékin comme le gouvernement local demeurent sourds.

A l'issue du scrutin de novembre, le camp pro-démocratie disposera de 117 voix au sein du collège électoral de 1200 personnes, contrôlé par Pékin, chargé de désigner le chef de l'exécutif. Ce nombre sera insuffisant pour faire basculer le vote mais pourrait leur permettre de peser d'avantage sur le profil du prochain leader hongkongais qui sera choisi en 2022.

Carrie Lam avait été élue cheffe de l'exécutif mi-2017 après avoir obtenu 777 voix au sein du collège électoral.

(AFP)

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