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Procès des viols de Mazan
Dominique Pelicot est hospitalisé, mais sera de retour mercredi

La Cour criminelle départementale du Vaucluse à Avignon lors de l’arrivée de Gisèle Pelicot et sa fille pour le procès des viols de Mazan.
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L’accusé principal au procès des viols de Mazan, Dominique Pelicot, est «hospitalisé», a déclaré son avocate mardi devant la cour criminelle de Vaucluse, alors que son client, malade et absent depuis lundi, devait être interrogé mardi après-midi à 16 h 00.

«Il est hospitalisé aujourd’hui même», a affirmé Béatrice Zavarro lors de ce septième jour d’audience où son client devait être entendu pour la première fois. Face à cette annonce, le président de la cour, Roger Arata, a ordonné une expertise médico-légale sur l’accusé et répété qu’il pourrait demander la suspension du procès, «le temps que son état de santé s’améliore».

Les parties civiles ont par avance approuvé cette éventuelle suspension: «Madame Pelicot, comme ses enfants, ne souhaitent pas déposer hors sa présence», a déclaré l’un de leurs avocats, Stéphane Babonneau, «il y a une absolue nécessité que monsieur Pelicot soit pris en charge médicalement et qu’il puisse assister aux débats».

Dominique Pelicot sera de retour devant la cour criminelle de Vaucluse mercredi et pourra être interrogé, a annoncé le président de la cour mardi après-midi.

«Nous avons un certificat médical établi ce jour» spécifiant qu’il n’y a «pas de contre-indication aux gestes de la vie courante et aux transferts» du septuagénaire entre le centre pénitentiaire où il est détenu et le tribunal judiciaire d’Avignon, a précisé le magistrat.

Déjà exempté lundi

Accusé d’avoir drogué, violé et fait violer son épouse par des dizaines d’hommes recrutés sur internet, de juillet 2011 à octobre 2020, Dominique Pelicot devait s’exprimer à partir de 16 h 00 à Avignon, pour la première fois depuis l’ouverture de son procès le 2 septembre.

Le septuagénaire, dont la prise de parole est très attendue, avait déjà été exempté d’audience lundi en raison de douleurs intestinales, au grand regret des parties civiles.

Cette décision de suspendre ou non le procès sera prise par la cour plus tard dans la journée mardi, en fonction des retours des médecins.

«Depuis le début, il me dit qu’il attend ce procès. Depuis le début, il me dit qu’il s’expliquera», avait répété lundi le conseil du principal accusé, Me Béatrice Zavarro, au sixième jour de ce procès prévu pour durer quatre mois.

Directeur d’enquête entendu

En attendant de savoir si M. Pelicot pourra revenir rapidement à l’audience, la cour a commencé à entendre mardi matin Stéphan Gal, le second directeur d’enquête de ce dossier tentaculaire comptant 51 accusés, M. Pelicot et 50 autres hommes, âgés de 26 à 74 ans, qu’il avait recrutés sur internet pour venir violer son épouse, principalement à leur domicile de Mazan (Vaucluse).

Le premier directeur d’enquête, le commissaire divisionnaire Jérémie Bosse Platière, avait lui été auditionné la semaine dernière.

Dans l’après-midi, ce sera le tour de l’expert informatique, qui avait été chargé de fouiller les ordinateurs, disques durs, téléphones et autres clefs USB du principal accusé, dans lesquels avaient été retrouvés les milliers de photos et vidéos des viols de Gisèle Pelicot.

Profil de «manipulateur»

Avant même la prise de parole de Dominique Pelicot, les experts entendus lundi avaient mis en garde sur la valeur des propos que pourrait tenir ce «manipulateur»: «Même s’il faisait des excuses, le problème c’est qu’il est clivé, avec une empathie à zéro», avait ainsi prévenu le Dr Paul Bensussan, psychiatre.

«On ne peut pas compter sur Monsieur Pelicot, il ment, se contredit» et «s’adapte au fur et à mesure», «il n’y a aucune propension à la sincérité» chez lui, avait-il insisté.

D’autres experts entendus lundi avaient aussi évoqué le penchant du principal accusé «à considérer l’autre comme un objet qu’on peut manipuler».

«Mis au pied du mur»

«Il délivre une partie de la vérité uniquement quand il est mis au pied du mur», avait accusé jeudi sa fille, Caroline Darian, assurant qu’elle ne croyait plus rien de celui qu’elle évoque désormais comme son «géniteur», ou «Monsieur Pelicot».

«En 50 ans, je ne l’ai jamais vu avoir une phrase déplacée sur une femme ou des paroles obscènes», avait assuré son ex-épouse, Gisèle Pelicot, jeudi, lors d’un témoignage bouleversant, racontant ce «jeune homme séduisant, pull marin, cheveux longs» dont elle était «tombée amoureuse» à l’été 1971, formant avec lui «un couple fusionnel», sans «rapport de force». Elle pourrait à nouveau être entendue mercredi matin.

Les auditions de ses deux fils David et Florian, de son gendre Pierre P., et de son frère, Joël Pelicot, médecin généraliste à la retraite, initialement prévues lundi après-midi, n’ont pas encore été reprogrammées.

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