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Pianos en folie à VeveyMélange de claviers sur la palette electro

De Piano Seven, François Lindemann et ses acolytes passent à Piano Quattro. Première au Reflet, si le coronavirus laisse passer les mousquetaires. Interview.

Les claviers de Piano Quattro, de g. à dr. Pierre Audétat, Pierre-Luc Vallet, Olivier Rogg et François Lindemann, initiateur du projet. Ces musiciens sont encore rejoints par Andrew Audiger, lui aussi au clavier, Christophe Calpini aux percussions et Yannick Barman à la trompette.
Les claviers de Piano Quattro, de g. à dr. Pierre Audétat, Pierre-Luc Vallet, Olivier Rogg et François Lindemann, initiateur du projet. Ces musiciens sont encore rejoints par Andrew Audiger, lui aussi au clavier, Christophe Calpini aux percussions et Yannick Barman à la trompette.
Mané Lindemann

À ceux qui pensaient que François Lindemann en avait fini avec la multiplication des pianos, trois ans après les ultimes concerts de Piano Seven – dont un Victoria Hall complet –, le musicien lausannois rétorque par un Piano Quattro. Il devrait, si les consignes liées à la situation sanitaire le permettent, réaliser sa première jeudi au Théâtre du Reflet à Vevey. «Je ne suis pas très bon sur les questions de quantité, s’amuse le principal intéressé quand on lui fait remarquer ce passage de sept à quatre. Mais c’est le concept musical qui appelle une instrumentation. Dans ce projet, j’ai choisi de mélanger les sons d’aujourd’hui, de jouer des contrastes entre la techno et l’electro – pas vraiment mon vocabulaire! – et un son de piano qui penche du côté du XIXe siècle. Une envie de voir comment ces idées sonores peuvent entrer en entente, en conflit ou du moins susciter une problématique. Le grand écart m’intéresse.»

«Dans ce projet, j’ai choisi de mélanger les sons d’aujourd’hui, de jouer des contrastes entre la techno et l’electro»

François Lindemann, pianiste

Celui qui vit dans l’incertitude quant à la tenue ou non de ce concert depuis une bonne semaine n’est évidemment pas parti seul sur cette double voie qui appelait son lot de croisements. François Lindemann s’est adjoint quelques vieux complices du clavier, comme Olivier Rogg, Pierre-Luc Vallet, Pierre Audétat, et un plus récent en la personne du pianiste Andrew Audiger. Deux «intrus» s’invitent dans l’aventure: Christophe Calpini aux percussions et Yannick Barman à la trompette, pour contrer cette fascination du dialogue avec le même instrument qui travaille François Lindemann depuis ses premiers duos avec le pianiste Sebastian Santa Maria en 1978. Mais, sur scène, les claviers ne seront pas seulement ceux des Steinway. L’électronique et ses nombreux effets seront de la partie.

Se confronter à d’autres univers musicaux fait partie des habitudes de François Lindemann, musicien qui ne se contente pas de son totem jazz Blue Note, mais explore aussi avec joie les sonorités exotiques, la Thaïlande a souvent sa préférence, ou les charmes plus cérébraux de la musique contemporaine. Pierre Audétat, en familier du sampling et de l’électronique, salue sa curiosité: «J’ai été étonné qu’il m’appelle pour ce projet, François n’est pas très familier de l’electro, il écoute des trucs et il a envie de se confronter à ça. D’autres musiciens du groupe pensent comme Jean-Michel Jarre que l’electro n’existe pas en tant que style – ce n’est qu’un moyen.» Chaque musicien a donc développé sa propre conception et ses propres compositions de l’alliage et travaillé en groupe à ce qui devrait prendre l’allure d’un patchwork exploratoire très ouvert à la permutation des codes. Ceux du coronavirus ne sont pas encore tout à fait fixés au moment où l’on écrit ces lignes…

Vevey, Le Reflet, je 29 oct. (20 h). le reflet.ch