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L’invitéeMerci pour votre soutien… et pour vos critiques

Manon Schick prend congé de la rubrique Réflexions de «24 heures», après des années à y militer en faveur du respect des droits humains.

Le moment des adieux est arrivé: j’ai transmis mon poste à ma successeure Alexandra Karle, j’ai remercié les collaborateurs et les militantes de la section suisse d’Amnesty International et je tourne la page de près de dix années comme directrice, et quasi autant d’années de Réflexions dans «24 heures».

Merci aux rédacteurs en chef, Thierry Meyer puis Claude Ansermoz, pour leur confiance, aux journalistes de «24 heures» et à mes collègues d’Amnesty Suisse, qui ont assuré la relecture de mes textes, et merci à vous, fidèles lecteurs et lectrices, qui m’avez lue toutes les deux semaines dans ces colonnes. Certains d’entre vous ont parfois pris la plume pour me répondre ou me contredire. Beaucoup ont préféré me témoigner leur gratitude (souvent) ou leur agacement (rarement) lors de discussions entre quatre yeux.

«J’ai surtout essayé de montrer que les droits humains ne sont pas un concept abstrait, mais au contraire qu’ils constituent un pilier central de notre État de droit»

Je déduis de ces nombreux témoignages que cette rubrique est non seulement lue, mais qu’elle ne laisse personne indifférent. Dans mes chroniques, j’ai surtout essayé de montrer que les droits humains ne sont pas un concept abstrait, mais au contraire qu’ils constituent un pilier central de notre État de droit.

La crise du Covid-19 a tout d’un coup fait réaliser à tout un chacun que nos libertés individuelles peuvent être remises en cause du jour au lendemain, y compris dans des démocraties. Et que des questions aussi sensibles que le manque d’accès aux soins aux États-Unis, la surveillance de masse en Chine ou l’interdiction de quitter notre pays ont toutes un lien avec les droits fondamentaux.

Balayer devant sa porte

J’ai aussi tenté de montrer qu’on ne peut pas réclamer le respect des droits de la population de Hong Kong qui défie le régime communiste chinois ou des droits des enfants qui travaillent dans les mines de coltan en République démocratique du Congo si on ne balaie pas devant sa propre porte. Chez nous aussi, il existe des problèmes sur lesquels nous ne devons pas fermer les yeux.

J’ai souvent évoqué dans mes textes les violences sexuelles en Suisse, le fait que notre pays devrait accueillir davantage de réfugiés, ou encore les lacunes dans nos lois qui permettent aux filiales de multinationales suisses de polluer l’environnement ou de violer les droits humains sans devoir rendre de comptes.

Enfin, j’ai voulu montrer que le combat contre les injustices commence à côté de chez soi, dans son école, dans sa commune. Qu’on ne peut pas espérer des États qu’ils respectent nos droits si nous ne nous mobilisons pas pour mettre fin aux discriminations autour de nous. Et que la mobilisation est payante: si nous unissons nos forces, nous pouvons changer des lois et des vies.

Alors continuons à revendiquer ensemble un monde plus juste, dans lequel le respect des droits humains devienne un jour une réalité.