Mes bons plans AntigelDanse, théâtre, cirque, la vague de chaleur arrive
Emmenée par Gabor Varga, la section arts vivants du festival hivernal sert dès jeudi une quinzaine de propositions vapeur. Attention à ne pas se brûler!

Cryophobes, n’endurez plus! Dès le 1ᵉʳ février, vous avalerez la potion qui empêche vos neurones de transir. En salle comme en plein air, en ville comme alentour, la 14e édition d’Antigel s’apprête à faire siffler seize bouilloires rien que dans le domaine des arts vivants – hormis, donc, ses sections Concerts, Clubbing, Made in et autres Sport & bien-être. On checke les circuits en compagnie de Gabor Varga, le programmateur du festival en charge du contingent spectacles.

«Cette année, nous allons plus loin dans le mélange des genres et des disciplines, aiguillonne pour commencer le responsable. Nous avons voulu toucher d’autres types de communautés.» Pour illustrer cette nouvelle ouverture d’esprit, en plus d’un défilé de mode recyclée que performeront des MNA et des jeunes en rupture, «Rags» (Comédie, 24 fév.), deux focus seront orientés, l’un vers les personnes porteuses d’un handicap, l’autre vers les amateurs de culture russe.

Quinze jours durant, le Théâtre du Grütli célébrera en effet les 40 ans du Théâtre de l’Esquisse en présentant deux nouvelles créations de cette «compagnie indispensable, dont le travail n’est pas assez mis en avant», alors qu’il excède largement, en termes de qualité, les stricts ateliers destinés à celles et ceux qui souffrent de déficience mentale.

En fin de festival, la Maison Saint-Gervais invitera pour sa part 14 artistes russophones à donner trois pièces chorégraphiques choisies pour leur portée tant artistique que politique. «ON/OFF Geneva» (20-24 fév.): un portfolio qui, aux yeux de Gabor Varga, viendra réparer «l’injustice à se détourner d’une production mise à mal dans son propre pays», selon le sélectionneur.

Mais penchons-nous sur la programmation plus ponctuelle. Autour de la tête d’affiche Gisèle Vienne, qui dévoilera à la Comédie son «Extra Life» avec Adèle Haenel (du 21 au 24 février, nous aurons l’occasion d’y revenir), s’étoilent plusieurs curiosités aux franges des catégories. On pense à ce titre à «Flesh», de la compagnie belge Still Life, un bijou de théâtre sans parole qui part de la chair pour s’amuser de notre si ambivalent rapport au corps – à la Salle du Lignon, du 8 au 10.

Ancien interprète de James Thiérrée, Piergiorgio Milano ajoute quant à lui l’alpinisme à la palette en passe de se banaliser de la danse, du théâtre et des arts du cirque. Pour voir ses trois grimpeurs à l’assaut des cimes alors que la verticalité s’invente sur une scène plane, on ira en famille à l’Usine à Gaz de Nyon les 7 ou 8 février. Pour ressortir de ce «White Out» à la fois aveuglé par la prouesse et sonné par l’altitude. Sans avoir eu à grelotter pour autant, comme promis.

À la croisée de la magie, de la chorégraphie et des arts visuels cette fois, citons encore l’Italien Andrea Salustri, un bricoleur fou en quête de poésie au fin fond du plastique. Avec «Materia», programmé les 17 et 18 au Théâtre Forum Meyrin, l’artiste signe un manifeste en l’honneur du polystyrène – du vulgaire Sagex, dont il exploite les infinis possibles. De substance inanimée, la matière synthétique se fait source vive d’imaginaire.

Les amateurs d’insolite se rendront les 14 et 15 jusqu’au Bordeau de Saint-Genis-Pouilly suivre les digressions de Nicolas Heredia et Sophie Lequenne, alias La Vaste Entreprise, qui dissèquent dans «À ne pas rater» l’angoisse toute contemporaine de passer à côté du place to be. En guise d’exemple, l’humoristique duo part de la représentation en cours: ou comment une philosophie décalée peut réconcilier le public avec son ici et maintenant.

Une poignée de titres restent à mentionner dans ce tour d’horizon au pas de course. L’attendu «Mirkids» voit des danseurs réaliser des figures kaléidoscopiques pour les familles sous la direction de la chorégraphe Jasmine Morand (du 9 au 18 février au Théâtre Am Stram Gram). Les dialogues intimistes du musicien performeur Samuel Pajand avec différents artistes de la scène, «Pleased to go as a lovesong» se donnent à savourer du 14 au 16 au Pavillon de l’ADC. Enfin, un intrigant «Kit de survie en territoire masculiniste» signé Marion Thomas et le collectif Pintozor fournit au promeneur un casque audio qui lui servira de guide dans les méandres physiques et psychologiques du sexisme ordinaire (aux Palettes ces 3 et 4 février). Quand on vous disait que le programme donnait chaud.
Festival Antigel, arts vivants, du 1ᵉʳ au 24 février, www.antigel.ch
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