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Peur de personneMissy, le teckel qui aime la moto

La chienne voyage tranquillement sur la Harley-Davidson de sa maîtresse. Avec sa casquette et ses lunettes, elle est une attraction sur les routes.

Missy aime voyager dans un sac, homologué par le Service des automobiles, sur la Harley-Davidson de sa maîtresse Sylvie Mehaignoul.
Missy aime voyager dans un sac, homologué par le Service des automobiles, sur la Harley-Davidson de sa maîtresse Sylvie Mehaignoul.
Florian Cella

Missy piaffe d’impatience dans le petit appartement de Sylvie Mehaignoul. Sa maîtresse a mis ses pantalons rose militaire de moto. La chienne a compris que la matinée serait agréable pour elle. Car le teckel bâtard aime plus que tout voyager oreilles au vent sur la Harley-Davidson de la Nyonnaise. «La moto, c’est une passion commune», assène la quinquagénaire.

Avec sa casquette et ses lunettes, la petite chienne a une allure hors du commun une fois sur le chopper. «Elle suscite beaucoup d’intérêt, raconte Sylvie Mehaignoul. Elle reçoit des papouilles des motards qui s’arrêtent à côté aux feux rouges et elle leur rend des léchouilles. Les policiers la prennent aussi souvent en photo.» Elle est rapidement devenue la coqueluche du Chapter Harley-Davidson de Morges. «Elle est très sociable et elle connaît plus de monde que moi qui, timide, peine à tisser des contacts», relève la maîtresse.

Experte du monde canin, Sylvie Mehaignoul a pris toutes les précautions avant d’installer Missy sur sa bécane. Elle a passé près de cinq mois à acclimater l’animal au sac, sorte de boîte en tissu renforcé de métal avec un trou pour laisser passer la tête, dans laquelle il voyagera. D’abord dans l’appartement puis sur la moto sans le moteur avant de l’allumer quelques jours plus tard. À la fin de la période d’acclimatation, le duo a fait sa première sortie en 2012. «J’avais demandé à un ami de me suivre en voiture pour qu’il puisse observer Missy. Après quelques centaines de mètres, il m’a dit que je pouvais continuer sans crainte. La chienne prenait beaucoup de plaisir.»

Jusqu’en Belgique

Aujourd’hui, la femelle teckel ne pardonne pas d’être laissée à la maison quand sa maîtresse part à moto. «Elle boude et je ne peux plus l’approcher pendant un bon moment», témoigne la Nyonnaise. Heureusement, le duo improbable n’a pas beaucoup de limites. Les escapades dans les Alpes à travers la Suisse ou jusqu’en Belgique, le pays d’origine de Sylvie Mehaignoul, sont à sa portée, moyennant des pauses toutes les deux heures pour permettre à l’animal de se dégourdir les pattes et de se reposer. Car le voyage fatigue la chienne, qui n’a jamais voulu s’asseoir ni se coucher dans son sac. Curieuse, elle préfère regarder le monde qui défile devant ses yeux.

Autant pour Missy que pour sa maîtresse, la liberté qu’offre le chopper semble importante. Sylvie Mehaignoul admet qu’il s’agit d’un rêve d’enfant. «Mais j’ai plus d’expérience comme passagère que derrière le guidon», rigole-t-elle. Elle a conduit une moto pour la première fois en 2011. Auparavant, elle se contentait d’un vélomoteur qui tirait une remorque dans laquelle prenait place sa dogue. «Quand elle est devenue adulte, on avait de la peine à avancer…» se souvient-elle.

Sylvie Mehaignoul prépare Missy pour une sortie dans les environs de Nyon.
Sylvie Mehaignoul prépare Missy pour une sortie dans les environs de Nyon.
Florian Cella/24 heures

Peu de temps après avoir commencé la moto, Sylvie Mehaignoul a adopté Missy, qu’elle a choisie sur Internet. La femelle teckel avait été recueillie par une association suisse sauvant des chiens abandonnés ou maltraités en Espagne. La chance a voulu qu’elle ne craigne pas le bruit vrombissant de la Harley. Sa maîtresse lui a acheté tout ce qu’il faut pour avoir le look motard avec ses lunettes tantôt roses tantôt léopard, et ses différentes casquettes, qu’elles soient en cuir ou en tissu, rose militaire ou bleu étoilé. Des casquettes que Sylvie Mehaignoul a renforcées avec du Sagex pour protéger la tête de sa passagère. À une reprise, la conductrice a eu un accident sans gravité. La Harley s’est couchée dans un virage presque à l’arrêt. «J’ai eu plus peur que Missy. C’est elle qui a fini par me rassurer.»