2 journalistes de Reuters mis en examen

BirmanieDeux journalistes de l'agence Reuters ont été mis en examen mercredi pour une enquête portant atteinte au «secret d'Etat».

Thet Oo Maung et Kyaw Soe Oo près du tribunal de Rangoun. (27 décembre 2017)

Thet Oo Maung et Kyaw Soe Oo près du tribunal de Rangoun. (27 décembre 2017) Image: Keystone

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Deux journalistes ont été mis en examen mercredi pour atteinte au «secret d'Etat» en Birmanie. Ils avaient enquêté sur le conflit dans l'ouest du pays, où l'armée est accusée d'épuration ethnique contre les Rohingyas.

Cette inculpation douche les espoirs internationaux d'une libération rapide des deux reporters birmans: depuis leur arrestation le 12 décembre, lors d'un dîner avec des policiers, les appels en leur faveur se sont multipliés. L'ONU, les Etats-Unis et l'Union européenne ont à plusieurs reprises déjà demandé leur libération sans condition.

Wa Lone, 31 ans, et Kyaw Soe Oo, 27 ans, sont accusés par la police de détenir des documents relatifs aux opérations des forces de sécurité dans l'ouest du pays, en Etat Rakhine. Plus de 650'0000 musulmans rohingyas ont fui cette zone depuis fin août et le début de l'opération de l'armée militaire birmane.

La Birmanie est depuis sous pression internationale: le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU est allé jusqu'à évoquer de possibles «actes de génocide». Des accusations rejetées en bloc par l'armée et le gouvernement birmans.

Risque de retour en arrière

«Nous avons demandé leur libération sous caution mais cela a été rejeté par le procureur», a expliqué à l'AFP Khin Maung Zaw, leur avocat, après la décision du tribunal de Rangoun. Les faits pour lesquels ils sont poursuivis sont passibles de quatorze ans de prison. Reuters clame leur innocence depuis leur arrestation.

Pour les défenseurs des droits de l'Homme, ces poursuites soulignent un retour en arrière de ce pays d'Asie du Sud-Est sur la voie de la démocratie. Depuis la dissolution de la junte militaire en 2011, la Birmanie a vu se développer des médias indépendants, mais certaines lois continuent à menacer la liberté de la presse.

Et si le pays a aboli en 2012 la censure sur les médias, les journalistes birmans estiment que l'autocensure reste forte notamment quand il s'agit de questions relatives à l'armée ou à la religion, dans ce pays marqué par un fort nationalisme bouddhiste.

«Il s'agit clairement d'une manoeuvre des autorités visant à étouffer les enquêtes menées sur les violations des droits humains et les crimes commis par l'armée contre les Rohingyas et à dissuader d'autres journalistes de leur emboîter le pas», a estimé James Gomez, directeur pour l'Asie du Sud-est et le Pacifique à Amnesty International.

La Birmanie demeure à la 131e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse 2017 de Reporters sans frontières (RSF). Ces derniers mois, les arrestations de journalistes se sont multipliées. Et au total, l'an passé, au moins onze journalistes ont été arrêtés en raison de leur travail. (afp/nxp)

Créé: 10.01.2018, 06h00

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