2017, l’année Trump

MondeLe président à la crinière blonde a donné le rythme de l’année 2017 et dominé les conversations avec ses décisions et ses tweets. Il s’est positionné pour faire de même en 2018.

Les choix politiques et diplomatiques de Donald Trump laissent, aux États-Unis comme dans le reste du monde, l’empreinte profonde d’une présidence contestée. Mais le milliardaire toujours prêt à en découdre avec les médias reste arc-bouté à sa ligne.

Les choix politiques et diplomatiques de Donald Trump laissent, aux États-Unis comme dans le reste du monde, l’empreinte profonde d’une présidence contestée. Mais le milliardaire toujours prêt à en découdre avec les médias reste arc-bouté à sa ligne. Image: REUTERS/JONATHAN ERNST

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Donald Trump a profondément marqué l’année 2017. Sa base de fidèles supporters – largement minoritaire – dira que le président des États-Unis a sauvé un pays mis à mal par Barack Obama. Comme preuves de l’impact positif de Donald Trump, elle citera la baisse d’impôts votée quelques jours avant Noël, le combat du président contre les joueurs noirs de football américain, la volonté affichée de promouvoir une politique étrangère guidée exclusivement par la promotion des intérêts américains, les résultats records des marchés boursiers, les chiffres de la croissance et l’élection d’un juge conservateur à la Cour suprême.

Les opposants de Donald Trump diront qu’aucun président de l’histoire moderne des États-Unis n’a eu un impact aussi nocif en une année. Ils dresseront une longue liste de scandales, de décisions contestables et de mensonges. Ils mentionneront le renvoi du patron du FBI qui enquêtait sur le clan Trump, le bras de fer nucléaire à hauts risques avec la Corée du Nord, l’abandon de la défense des droits de l’homme à travers le monde, le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris sur le climat, la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël malgré les requêtes de la communauté internationale le suppliant de ne pas compliquer encore plus la quête d’un accord de paix au Proche-Orient. Ils critiqueront aussi la défense de Donald Trump des militants d’extrême droite, sa décision de menacer de renvoi 800 000 jeunes sans-papiers arrivés aux États-Unis avec leurs parents, son acharnement contre le système d’assurance-maladie et ses attaques contre la liberté de la presse.

L’art du faux

Alors que les parlementaires américains ont décroché pendant les Fêtes, avant une année 2018 qui s’annonce brutale au niveau politique avec les élections législatives de novembre, Donald Trump ne s’est pas arrêté. En vingt-quatre heures, les 24 et 25 décembre, il a attaqué le numéro 2 du FBI, il a assuré avoir «sauvé» Noël et s’est félicité de l’autorisation de forages pétroliers dans une réserve naturelle en Alaska. Il a une nouvelle fois attaqué les médias et s’est plaint de ne pas recevoir la reconnaissance qu’il mérite à cause d’eux.

Selon le site Internet FiveThirtyEight, Donald Trump ne recueille que 37,4% d’avis favorables aux États-Unis, un record négatif pour un président à la fin de sa première année de mandat. La relation compliquée du président des États-Unis avec la vérité n’a pas échappé à ses concitoyens. Soixante-neuf pour-cent de ses propos en 2017 recensés par le site Internet Politifact sont soit «en grande partie faux», soit «faux» ou «complètement faux».

La résistance matée

Les attaques systématiques de Donald Trump contre tout ce qu’avait entrepris Barack Obama ont parallèlement donné un nouveau souffle à l’opposition, assommée par la défaite de Hillary Clinton en 2016. Alors que le parti démocrate avait renoncé cette année-là à présenter des candidats au Congrès dans de nombreuses circonscriptions conservatrices qui semblaient perdues d’avance, il est déterminé à défier le parti républicain dans la plupart des districts en 2018. Sur les 435 sièges de la Chambre des représentants, les démocrates n’ont jusqu’ici renoncé à présenter un candidat que dans 20 circonscriptions seulement. Ce nombre est quatre fois plus élevé chez des républicains divisés face à leur président.

En 2017, Donald Trump a réussi à redéfinir le parti républicain à son image et à «mater» la résistance au sein de son propre parti en mettant au pas des sénateurs républicains dissidents comme Ben Sasse, Lindsey Graham et Bob Corker. La défaite en décembre de Roy Moore, le candidat d’ultradroite au Sénat dans l’Alabama qui avait été accusé d’agression sexuelle sur des mineures et avait été soutenu par Donald Trump, a potentiellement ouvert une brèche et renforcé les 3 principaux détracteurs républicains de Donald Trump au Sénat: John McCain, Susan Collins et Jeff Flake.

L’élection d’un démocrate au Sénat dans l’Alabama – une première depuis 1986 – et la situation compliquée qu’elle crée pour le parti républicain en le forçant à aborder une année 2018 décisive avec une majorité de 2 voix seulement au Sénat, n’effraient apparemment pas Donald Trump. Le milliardaire semble déterminé à dominer 2018 comme il l’a fait cette année. Ses supporters et détracteurs s’accorderont d’ailleurs sur un point: ils auront de nouveau les yeux rivés sur lui l’année prochaine.


L’expression de l’an: «Balance ton porc»

Tout commence le 5 octobre, lorsque le New York Times publie le témoignage de deux actrices, Ashley Judd et Rose McGowan. Elles accusent Harvey Weinstein, le puissant producteur de la Miramax, de harcèlement sexuel. Suivent alors les dénonciations de dizaines d’autres actrices contre le prédateur en série. Mais l’affaire, et c’est là le plus étonnant, est loin de se confiner à Hollywood. Via la puissance des réseaux sociaux, les paroles de femmes se libèrent à tout va, créant incontestablement le phénomène de l’année. Les hashtags #balancetonporc et #metoo suscitent une révolte globalisée, traversant les frontières, touchant toutes sortes de milieux. Bientôt, personnages du showbiz, politiciens, notables de tout poil et autres embobineurs se voient dénoncés à travers la planète pour leurs mains baladeuses ou des agissements beaucoup plus graves, jusqu’au viol. Là où certains, conservateurs surtout, crient à la délation collective, d’autres insistent sur cette nécessaire catharsis: «Ce déferlement de témoignages illustre deux choses: le refus des femmes d’individualiser les situations auxquelles elles ont été confrontées, et leur refus de la culpabilité et de la honte», confie le psychiatre Serge Tisseron au journal Le Monde. Les accusations contre Donald Trump, que l’intéressé avait raillées en 2016 durant sa campagne électorale, sont relancées. La Suisse n’est pas épargnée, et ce sont des chantres de la morale qui sont trahis par leurs gestes. Tariq Ramadan, contre lequel les témoignages s’accumulent, se fait rattraper par son passé de professeur trop entreprenant à Genève. Dans les travées du parlement fédéral, c’est le PDC valaisan Yannick Buttet qui tombe pour ses comportements inappropriés. Cathy Macherel

(24 heures)

Créé: 28.12.2017, 18h03

Dix événements qui ont marqué 2017

Dates clés


Pyongyang a multiplié les tirs de missiles balistiques, suscitant l’ire des États-Unis. DR

6 mars: Pyongyang entame le lancement d’une série de missiles visant «à frapper des bases américaines au Japon». Ces provocations se succèdent le reste de l’année et alimentent les tensions avec les États-Unis de Donald Trump, faisant craindre une guerre nucléaire.

7 mai: Le centriste Emmanuel Macron accède à la présidence de la République française. Une élection marquée par la déroute des formations traditionnelles de droite et de gauche, et par la présence au 2e tour du Front national.

9 juillet: Le groupe État islamique perd la ville de Mossoul, en Irak. Une défaite qui symbolise l’affaiblissement sur le terrain irako-syrien du groupe terroriste.

17 août: Si Daech recule au Moyen-Orient, ses recrues frappent toujours. Un effroyable attentat commis au moyen d’un camion, revendiqué par le groupe terroriste, cause la mort de 15 personnes sur les Ramblas, à Barcelone. Le lendemain, un autre attentat fait un mort dans la station balnéaire de Cambrils.



Le passage de l’ouragan Harvey a nécéssité l’évacuation de milliers de personnes. REUTERS

27 août: L’ouragan «Harvey» frappe Houston au Texas, État qui dénombre plus de 80 morts suite à ce cyclone, le plus dévastateur après «Katrina». Mais la saison des ouragans est loin d’être finie. Suivent en septembre «Irma» puis «Maria», qui ravagent la zone caraïbe et le sud des États-Unis.

11 septembre: L’ONU dénonce un «nettoyage ethnique» en Birmanie contre les Rohingyas. Quelque 600 000 membres de cette minorité musulmane se réfugient au Bangladesh.

24 septembre: Tandis qu’Angela Merkel sort affaiblie des élections législatives allemandes, l’AfD, parti d’extrême droite, fait une entrée historique au parlement.

1er octobre: Le gouvernement catalan organise un référendum sur l’indépendance de la région, au grand dam de Madrid. Des scènes de violence marquent ce scrutin illégal. La Catalogne est mise sous la tutelle de Madrid, des élections régionales à la fin de décembre ne résolvent pas la crise.


Madrid a réagi avec violence lors du vote organisé pour l’indépendance catalane.. REUTERS

14 novembre: La chaîne de télévision américaine CNN diffuse une vidéo montrant des migrants vendus aux enchères en Libye. Ces cas d’esclavage suscitent un tollé international et la colère, en particulier, des pays africains.

21 novembre: Au Zimbabwe, après trente-sept ans de pouvoir sans partage, le président Robert Mugabe, 93 ans, est poussé vers la sortie. C.M.

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