20e acte des «gilets jaunes» ce samedi

FranceLes «gilets jaunes», malgré des interdictions de manifester, ont encore une fois montré leur mécontentement dans les rues.

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Les «gilets jaunes» ont défilé par milliers lors de leur vingtième samedi consécutif en dépit des interdictions de manifester visant à éviter les violences. De nouveaux accrochages ont émaillé certains rassemblements en province.

«En 2025, on aura peut-être gagné», dit à l'AFP en riant Sébastien, 46 ans, préparateur automobile au chômage venu manifester à Paris. «On sera là tant qu'il (Emmanuel Macron) n'écoutera pas». Depuis le début du mouvement, le président concentre toutes les critiques pour sa politique jugée trop favorable aux Français les plus aisés.

Parmi les slogans entendus et les témoignages recueillis aux quatre coins du pays, les mêmes revendications pour plus de justice sociale: «Assez de capitalisme qui broie les gens et détruit la planète» (Montpellier), «Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, changeons le système» (Lille) ...

Participation en baisse

En fin de journée, le ministère de l'intérieur a annoncé 33'700 manifestants à travers l'Hexagone, dont 4000 à Paris. Un chiffre en baisse par rapport aux 40'500 annoncés par le ministère samedi dernier à la même heure (dont 5000 dans la capitale).

Les «gilets jaunes», qui contestent les chiffres officiels, ont quant à eux recensés 102'713 personnes descendues dans la rue samedi, selon un chiffre provisoire indiqué sur la page Facebook du «Nombre Jaune». Il y a une semaine, ils avaient comptabilisé 127'212 manifestants.

Dispositif durci

A Paris, le défilé s'est déroulé dans une ambiance bon enfant. La dispersion place du Trocadéro a toutefois été émaillée de quelques jets de projectiles et tirs de gaz lacrymogène. Au total, les forces de l'ordre ont procédé à 103 interpellations, donnant lieu à 56 gardes à vue.

Le bilan fait état de moins de dix blessés légers parmi les forces de l'ordre et les manifestants, soit treize fois moins qu'il y a deux semaines, selon le ministre de l'intérieur Christophe Castaner. Echaudée par les saccages sur les Champs-Elysées voici deux semaines, la préfecture de police avait de nouveau interdit les manifestations sur la célèbre avenue, ainsi que dans un périmètre incluant l'Elysée et l'Assemblée nationale.

A Paris, 14'485 contrôles préventifs ont eu lieu, dont la moitié aux abords des Champs-Elysées. Trente-sept personnes ont été interpellées et 21 verbalisées pour avoir tenté de pénétrer le périmètre d'interdiction de manifester. Le pouvoir, critiqué par l'opposition pour les violences récurrentes en marge des manifestations des «gilets jaunes», a musclé son dispositif de maintien de l'ordre et son arsenal juridique anti-casseurs.

Accrochages à Bordeaux

En région, la situation s'est tendue notamment à Bordeaux. Des accrochages ont eu lieu en fin d'après-midi dans ce bastion «jaune» que le maire avait décrété «ville morte» face à la menace de violences. Le nombre de manifestants était évalué au double de la semaine dernière (soit près de 5000).

Le cortège, où se mêlaient des dizaines de «black blocs», se diluait en petits groupes jouant au chat et à la souris avec les forces de l'ordre, tentant de se regrouper dans une place non loin du centre-ville.

A Nice, quelque 300 personnes se sont dirigées en signe de soutien vers l'hôpital où est toujours hospitalisée Geneviève Legay, militante d'Attac, blessée il y a une semaine. Le procureur a déclaré vendredi que la chute de la septuagénaire avait été provoquée par un policier, qui a rectifié son témoignage après avoir affirmé avoir poussé un homme.

De 1650, selon la préfecture, à 2500 personnes, selon les organisateurs, ont défilé à Montpellier, où deux policiers ont été blessés par des jets de projectiles. Ils étaient entre 1000 et 2000 à Lille, tandis que plusieurs centaines de «gilets jaunes» - 2000 selon les organisateurs - ont bravé l'interdiction de manifester à Avignon intra-muros et sur les boulevards. Quelques échauffourées se sont également produites avec les forces de l'ordre, qui ont tiré des grenades pour disperser les manifestants. (ats/nxp)

Créé: 30.03.2019, 16h26

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