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2e tour: le candidat PS dans l'Est refuse de se retirer

Arrivé 3e au 1er tour, le candidat socialiste Jean-Pierre Masseret a mis fin mardi au suspense entourant sa candidature. Il invoque le «libre choix» des citoyens pour justifier son maintien.

Le candidat socialiste Jean-Pierre Masseret invoque le «libre choix» des citoyens pour maintenir sa candidature au 2e tour dans l'Est de la France.
Le candidat socialiste Jean-Pierre Masseret invoque le «libre choix» des citoyens pour maintenir sa candidature au 2e tour dans l'Est de la France.
AFP

Le candidat socialiste dans l'Est de la France (Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine) a désobéi mardi aux instances nationales du PS en refusant de se retirer pour faire barrage au Front national (FN) au 2e tour des élections régionales de dimanche. Jean-Pierre Masseret invoque le «libre choix» des citoyens pour justifier le maintien de son ticket.

Le candidat socialiste a mis fin mardi, une heure après le délai imparti, au suspense entourant sa candidature en annonçant qu'il se maintenait en dépit des appels venus de son parti et de certains de ses colistiers. «Tous les citoyens de cette région pourront exprimer leur choix, un choix libre, un choix démocratique. Nous participons ainsi au respect de chacune et de chacun de nos concitoyens», a déclaré l'actuel président de la région Lorraine. Il a encore précisé avoir reçu de nombreux témoignages de soutien.

Plusieurs personnalités de gauche l'avaient pourtant exhorté à se retirer de la course pour tenter de freiner la montée en puissance du FN dans cette région limitrophe de la Suisse où le candidat frontiste Florian Philippot est arrivé en tête au premier tour.

Pressions sans effet

«Trois listes seront en compétition dimanche prochain», a déclaré Jean-Pierre Masseret en conférence de presse. Parmi ses 189 colistiers, seuls 71 avaient fait parvenir à 18 heures leur retrait à la préfecture, soit moins que les 95 requis pour que l'invalidation de la liste devienne automatique. L'adjointe au maire de Strasbourg, la socialiste Pernelle Richardot, lui a demandé de se retirer, en vain.

Les instances nationales du Parti socialiste avaient aussi pesé de tout leur poids pour obtenir le retrait de la principale liste de gauche, arrivée en 3e position dimanche avec 16,11% des suffrages, loin derrière celles des Républicains (25,83%) et du FN (36,06%).

Les pressions du Premier ministre Manuel Valls et du premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis n'ont donc pas payé, pas plus que les appels de plusieurs colistiers de Jean-Pierre Masseret.

Passe d'armes à distance

Alors que la bataille de l'entre-deux tours fait rage, Manuel Valls a de nouveau attaqué mardi l'ancien chef de l'Etat Nicolas Sarkozy. Il l'a accusé de «courir derrière l'extrême droite» après le refus des Républicains de créer un front pour le 2e tour des régionales.

«Quand on a été président de la République, quand on est chef d'un parti, on prend ses responsabilités», a clamé le Premier ministre. «On fait des choix (...), on ne met pas au même niveau la gauche et l'extrême droite», a-t-il encore déclaré.

En réponse, Nicolas Sarkozy a exhorté Les Républicains qui siègent à l'Assemblée nationale au «sang-froid» et à l'unité afin de gommer la «déception» du premier tour, tout en concédant qu'un débat sur la ligne de son parti, réclamé par ses rivaux, s'imposerait après le scrutin.

Inquiétude perceptible

Selon un sondage BVA pour le magazine L'Obs, près de deux tiers des Français (64%) jugent inquiétants les résultats du premier tour où le FN frôle les 28%. Cette enquête, réalisée lundi et mardi, relève dans le même temps que près d'une personne interrogée sur deux (44%) souhaite que la formation d'extrême droite arrive à la présidence d'au moins une région à l'issue du second tour.

Le FN a viré en tête dans six régions dimanche dernier et semble en mesure de l'emporter dans trois d'entre elles, Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Provence-Alpes-Côte-d'Azur, et précisément Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.

Ce sondage relève en outre qu'une majorité de personnes interrogées (57%) considère que le FN est un parti comme les autres. Cette part a progressé de 4 points depuis les départementales de mars dernier.

(ats)

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