Acculé, le groupe Etat Islamique ne se rend pas

SyrieL'ultime poche de résistance du groupe djihadiste, continue de rendre la vie dure aux forces arabo-kurdes en Syrie.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Des forces arabo-kurdes en Syrie font face à une résistance acharnée du groupe djihadiste, Etat islamique (EI) acculé dans son ultime poche dans l'est du pays, où 16 civils ont péri lundi dans des raids de la coalition internationale selon une ONG.

Cette coalition internationale dirigée par les Etats-Unis soutient au sol et dans les airs les Forces démocratiques syriennes (FDS) qui ont lancé samedi un assaut «final» pour chasser les djihadistes de leur réduit dans la province orientale de Deir Ezzor, frontalière de l'Irak. «Les violents combats se poursuivent pour obliger l'EI à se rendre», a souligné le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

«Les FDS progressent lentement dans la poche de l'EI», avec l'appui des raids aériens et des tirs d'artillerie de la coalition, selon l'ONG. Les snipers, les mines enfouies et les tunnels creusés par les djihadistes ralentissent toutefois les opérations, a souligné l'ONG. Les quelque 500 à 600 djihadistes sont retranchés dans le réduit et retiennent «des dizaines d'otages des FDS», selon des sources des FDS.

Pour sa part, le président américain Donald Trump, a prédit une défaite rapide de l'EI. «Au Moyen-Orient, nos braves guerriers ont libéré pratiquement 100%» des territoires contrôlés par «l'EI en Irak et Syrie», a dit devant une foule de supporteurs M. Trump, qui est en campagne à El Paso, à la frontière avec le Mexique.

«Maintenant, nous avons repris (NDLR, les territoires) -- bientôt ça va être annoncé, bientôt, peut-être même la semaine prochaine, peut-être avant, mais ça va être annoncé que nous avons à 100%» le contrôle, a-t-il poursuivi. «Nous continuons à décimer ceux qui restent. Nous pouvons prendre la région. Nous allons bientôt avoir 100%. Mais il y en a encore quelques-uns. Ils sortent. Ils s'enveloppent de bombes. Ils sont fous. Ils sont déments», a martelé le président tout en réitérant sa volonté de rapatrier les troupes américaines.

Au moins 16 civils, dont huit femmes et sept enfants, ont été tués dans des raids de la coalition sur les abords du village de Baghouz, alors qu'ils tentaient de fuir en direction de la frontière avec l'Irak, a indiqué l'OSDH, en précisant qu'il s'agissait «principalement de proches de djihadistes ». Les FDS ont perdu eux 12 combattants lundi, selon la même source.

Une équipe de l'AFP présente sur le front a vu plus tôt un champignon de fumée noire s'élever au dessus du théâtre des opérations, près du village de Baghouz. Un missile a été tiré sur le carré djihadiste, , tandis qu'un avion de la coalition internationale a survolé le secteur.

«Boucliers humains»

Après une montée en puissance fulgurante en 2014, les djihadistes de l'EI, affaiblis par de multiples offensives, ont perdu l'immense majorité des vastes régions qui formaient leur «califat» en Syrie et en Irak voisin. Ces deux derniers mois, des dizaines de milliers de personnes, principalement des familles de djihadistes , ont fui les combats dans le réduit à Deir Ezzor, vers des secteurs aux mains des FDS.

Celles-ci procèdent à des fouilles et interrogatoires poussés pour identifier les potentiels djihadistes qui tentent de se mêler aux civils en fuite. L'AFP a pu parler lundi à deux Françaises de l'EI, patientant à une position des FDS près de Baghouz après leur sortie du réduit obtenue en payant des passeurs.

«Il y a beaucoup de mouhajirine (étrangers qui ont rallié l'EI, ndlr), parmi lesquels des Français ou d'autres qui essaient de sortir, mais les djihadistes les en empêchent, ils servent de boucliers humains», confie une jeune femme, la vingtaine, qui se présente sous le nom de Christelle et comme originaire de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France. «Ils font partir tous les Irakiens, tous les Syriens, mais nous, ils nous bloquent», ajoute-t-elle.

Alors que l'EI est sur le point d'être défait, le sort de son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, demeure inconnu. Donné plusieurs fois pour mort, un message audio qui lui a été attribué a été diffusé en août dernier. L'assaut final contre l'EI représente aujourd'hui le principal front de la guerre en Syrie qui a fait plus de 360'000 morts depuis 2011.

Le régime de Bachar el-Assad, soutenu par la Russie, contrôle désormais près des deux tiers du pays, après avoir enchaîné les victoires face aux rebelles et djihadistes . Et les combats sur d'autres fronts ont fortement baissé en intensité.

«Cellules dormantes»

La semaine dernière, le président américain Donald Trump a pronostiqué la «libération» imminente de «100%» des territoires autrefois contrôlés par l'EI, ajoutant qu'une «annonce formelle» en ce sens pourrait intervenir très rapidement.

Une défaite de l'EI ouvrirait la voie au désengagement, annoncé en décembre par M. Trump, des quelque 2000 militaires américains déployés en Syrie pour aider les FDS à lutter contre les djihadistes . Mais, en l'absence d'un engagement antiterroriste soutenu, l'EI pourrait entre six à 12 mois entamer une «résurgence» et «reconquérir des territoires restreints», a averti l'armée américaine dans un rapport.

Hormis son réduit à Deir Ezzor, l'EI n'a plus que des combattants dispersés dans le désert s'étendant du centre syrien à la frontière. Malgré les revers, le groupe ultraradical, responsable de multiples exactions, parvient toujours à mener des attentats meurtriers. Il a également revendiqué des attentats à l'étranger, notamment en Occident. Selon des analystes, l'EI a entamé sa mue en organisation clandestine en se cachant dans le désert ou en développant des «cellules dormantes» dans les territoires perdus. (afp/nxp)

Créé: 12.02.2019, 06h51

Washington prêt à aider pour rapatrier de Syrie les jihadistes étrangers

Les Etats-Unis sont prêts à aider les pays qui, comme la France, envisagent de rapatrier leurs jihadistes détenus en Syrie, mais haussent le ton: le temps presse et ce n'est pas à Washington de trouver les solutions. «Le créneau» pour organiser leur retour «avec le soutien des Etats-Unis est en train de se refermer rapidement», a déclaré à l'AFP un responsable américain sous couvert de l'anonymat. «Nous appelons tous les pays à passer à la vitesse supérieure et à assumer la responsabilité de leurs ressortissants partis en Syrie pour combattre avec l'Etat islamique» (EI), a-t-il ajouté.

Articles en relation

Les Forces démocratiques syriennes acculent l'EI

Syrie Soutenue par la coalition, l'alliance arabo-kurde poursuivait dimanche son offensive contre le dernier réduit du groupe djihadiste dans le pays. Plus...

La «bataille finale» contre l'EI est lancée

Syrie Soutenues par les USA, les Forces démocratiques syriennes ont débuté leur offensive contre le dernier bastion des djihadistes dans l'est du pays. Plus...

Donald Trump veut un retrait des troupes US

Moyen-Orient Le président américain a confirmé sa volonté de retirer les soldats US en Afghanistan et en Syrie. Il reste toutefois vague sur la date du départ. Plus...

Le Sénat désapprouve Trump pour la Syrie

Retrait des troupes Le Sénat a massivement voté un amendement critiquant la décision du président américain de retirer les troupes de Syrie. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.